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Des scientifiques découvrent un important « interrupteur » de tension artérielle

Des cellules de notre organisme possèdent une capacité insoupçonnée à s'adapter pour réguler la tension artérielle, révèlent des recherches menées à l'Université de Virginie. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques contre l'hypertension et…

Des scientifiques découvrent un important « interrupteur » de tension artérielle

Des cellules de notre organisme possèdent une capacité insoupçonnée à s’adapter pour réguler la tension artérielle, révèlent des recherches menées à l’Université de Virginie. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques contre l’hypertension et les maladies cardiovasculaires.

L’étude, menée par des chercheurs de la faculté de médecine de l’UVA, se concentre sur les cellules musculaires lisses qui tapissent les artères. Ces cellules, traditionnellement chargées de contracter et de détendre les vaisseaux sanguins pour contrôler la pression artérielle, peuvent, dans certaines circonstances, endosser une fonction inattendue : produire de la rénine. Cette hormone, habituellement fabriquée par des cellules spécialisées des reins, joue un rôle crucial dans le maintien de la tension artérielle.

Ce changement de rôle se produit notamment lorsque la pression artérielle diminue de manière significative et persistante. Les cellules musculaires lisses des reins, ainsi que d’autres types de cellules rénales, sont alors capables de synthétiser de la rénine, compensant ainsi la baisse de pression. Les scientifiques cherchaient à comprendre les mécanismes qui régissent cette transformation cellulaire.

L’équipe de l’UVA a identifié un « commutateur » biologique essentiel qui contrôle ce changement de fonction. « Découvrir comment fonctionne ce commutateur nous aidera à comprendre comment notre corps contrôle la tension artérielle », explique le Dr R. Ariel Gomez, chercheur au Child Health Research Center de l’UVA. « Comprendre comment les cellules vasculaires changent d’identité pourrait aider à développer de nouveaux médicaments pour traiter l’hypertension artérielle et les maladies vasculaires. »

Les chercheurs ont mis en évidence le rôle de neuf gènes impliqués dans trois voies biologiques qui régulent la production de rénine. Ces gènes sont responsables de l’arrêt et du redémarrage de la production de rénine par les cellules musculaires lisses, qui restent « prêtes » à reprendre cette activité même après une période d’inactivité. Ils ont également identifié des facteurs déclenchant la reprise de la production de rénine, un processus qualifié d’« épigénétique ».

« Nous nous attendions à ce que la région du génome où se trouve ce gène soit inaccessible lorsque la rénine est désactivée, mais il s’avère que cet endroit reste généralement accessible dans les cellules prêtes à être mises en action lorsque davantage de rénine est nécessaire », précise le Dr Jason P. Smith, scientifique principal de l’UVA. « Une meilleure compréhension de la manière dont notre corps contrôle la production de rénine pourrait s’avérer fondamentale pour la façon dont nous traitons l’hypertension et les effets à long terme des médicaments courants contre l’hypertension sur la fonction rénale et les maladies. »

Les travaux de l’équipe de l’UVA fournissent une cartographie détaillée de cette régulation de la rénine et pourraient apporter des éclaircissements sur la progression de la fibrose rénale, une forme de lésion rénale dangereuse. Selon le Dr Maria Luisa S. Sequeira-Lopez, collaboratrice de l’étude, il est désormais crucial d’identifier des marqueurs et des cibles potentielles pour atténuer les effets indésirables de la stimulation chronique des cellules produisant de la rénine. « Il est crucial de comprendre les secrets fondamentaux de nos cellules pour concevoir des thérapies de plus en plus efficaces avec moins ou pas d’effets indésirables », ajoute-t-elle.

Cette recherche a été financée par les National Institutes of Health, grâce aux subventions P50DK096373, R01DK116718 et R01HL148044.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.