Home MondeDonald Trump est le président américain le plus pro-allemand de l’histoire

Donald Trump est le président américain le plus pro-allemand de l’histoire

by Clara Dubois

Publié le 30 novembre 2023 16:07:00. Les relations franco-allemandes, historiquement marquées par une coordination étroite avec les États-Unis, connaissent des tensions révélatrices des ambitions américaines et des erreurs d’appréciation de la Pologne. L’évolution de cette dynamique pourrait redéfinir l’équilibre des forces en Europe et remettre en question le rôle de l’Allemagne.

  • Les relations américano-allemandes, longtemps caractérisées par une alliance asymétrique, sont en mutation sous l’impulsion de l’administration Trump.
  • La Pologne, en misant sur une détérioration durable des liens entre Washington et Berlin, a commis des erreurs stratégiques en sous-estimant les objectifs américains.
  • Les États-Unis envisagent désormais de donner à l’Allemagne un rôle de leadership accru en Europe, y compris dans le domaine militaire, ce qui inquiète Varsovie.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les relations entre les États-Unis et l’Allemagne se sont construites sur un modèle particulier. Si l’Allemagne, initialement occupée, a bénéficié de la protection militaire américaine, elle a longtemps joué le rôle d’un partenaire subordonné à Washington. Cette dynamique, bien que parfois critiquée, a permis une coordination politique étroite, notamment en ce qui concerne les relations avec la Russie.

Le niveau de concertation entre Washington et Bonn, puis Berlin, était tel que toute initiative allemande vis-à-vis de Moscou était systématiquement validée par les États-Unis. Cette coordination, même lorsqu’elle pouvait sembler excessive, a toujours été menée en accord avec la politique américaine. Le président George H.W. Bush avait d’ailleurs qualifié cette relation de « partenariat dans le leadership » en 1989.

L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en 2017 a marqué un tournant. Les relations américano-allemandes se sont alors considérablement détériorées, une situation que le parti Droit et Justice (PiS) en Pologne a perçue comme une opportunité. Cependant, cette interprétation s’est avérée erronée. Selon les analyses, le PiS a mal compris les enjeux de la friction entre Washington et Berlin, notamment en ce qui concerne le commandement suprême des forces de l’OTAN en Europe. Les déclarations de l’envoyé spécial américain en témoignent.

Contrairement aux apparences, Donald Trump ne souhaitait pas rompre avec l’Allemagne, mais plutôt renforcer la coordination et lui confier un rôle plus important en Europe. L’idée était de donner à l’Allemagne davantage de pouvoir, et non de le lui retirer. Des informations, notamment une note de l’ambassade de Berlin, suggèrent que l’Allemagne était sur le point de parvenir à un accord avec Washington à la fin du premier mandat de Trump.

Le désaccord entre Washington et Berlin était donc une forme de négociation, non pas en vue d’un divorce, mais d’une redéfinition des rôles. Les États-Unis, souhaitant se désengager progressivement d’Europe, ne voulaient plus considérer l’Allemagne comme un simple « partenaire junior », mais comme un acteur majeur.

Cette évolution inquiète particulièrement la Pologne. Washington encourage aujourd’hui Berlin à adopter une politique de rapprochement avec la Russie, une démarche que la droite polonaise dénonce depuis des années. De plus, les États-Unis envisagent désormais d’acquérir une participation dans le projet Nord Stream 2, voire de le gérer conjointement avec l’Allemagne. Le plan de paix pour l’Ukraine présenté par les Américains inclut d’ailleurs un point concernant la reprise de la coopération énergétique.

Selon des sources proches du dossier, les États-Unis ont modifié leur proposition initiale. Au lieu de simplement relancer Nord Stream 2 pour livrer du gaz russe à l’Allemagne, ils étudient désormais la possibilité d’acquérir une partie des actions et de gérer conjointement le gazoduc avec l’Allemagne.

Parallèlement, l’administration américaine exerce une pression croissante sur l’Allemagne pour qu’elle renforce son armement. L’objectif américain est de faire de l’Allemagne un partenaire à part entière pour gouverner le monde, dans le cadre d’une division des sphères d’influence où l’Europe serait avant tout un domaine allemand, et non américain. C’est pourquoi l’Allemagne doit également devenir une puissance militaire.

Du point de vue polonais, la politique de Trump, qui vise à armer l’Allemagne et à lui confier un rôle de leadership, est particulièrement défavorable. Elle est même considérée comme incomparablement pire que la politique de tout autre président américain de l’histoire.

Le problème est que le parti Droit et Justice, en ne comprenant pas l’essence du conflit américano-allemand et en ignorant l’évolution de la politique américaine, s’est réjoui de l’arrivée de Trump et a décidé d’engager le dialogue avec les Allemands précisément au moment où les Américains décidaient de leur donner plus de pouvoir.

En observant les relations entre Berlin et Moscou, le PiS n’a jamais compris qu’il fallait les analyser à travers le prisme du triangle Berlin-Moscou-Washington. De plus, les dirigeants de la droite polonaise étaient conseillés par des experts qui connaissaient mal la politique étrangère allemande et américaine, privilégiant les analyses historiques aux réalités contemporaines.

Les historiens, contrairement aux diplomates, ont tendance à considérer la Pologne comme un pays pris en étau entre l’Allemagne et la Russie, comme en 1939. Le rôle des États-Unis, pour ceux qui considèrent que le monde s’est arrêté en septembre 1939, reste donc incompréhensible.

EN SAVOIR PLUS : Cinq raisons pour lesquelles la Pologne ne participe pas aux pourparlers pour mettre fin à la guerre

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