Home NouvellesEn Iran, des médecins dénoncent la saturation des hôpitaux après deux semaines de manifestations

En Iran, des médecins dénoncent la saturation des hôpitaux après deux semaines de manifestations

by Nicolas Lefèvre

Publié le 10 janvier 2026 à 16h16. Les hôpitaux de Téhéran sont submergés de blessés alors que les manifestations se poursuivent en Iran, tandis que les autorités durcissent le ton face aux protestataires.

  • Les services d’urgence des hôpitaux de Téhéran sont débordés, notamment dans un centre ophtalmologique majeur.
  • Plus de 50 manifestants et 15 membres des forces de sécurité auraient péri depuis le début des troubles, fin décembre.
  • Les autorités iraniennes accusent les États-Unis et Israël d’alimenter les manifestations et menacent de réprimer sévèrement les protestataires.

La situation humanitaire se détériore rapidement en Iran, où les manifestations contre le gouvernement se poursuivent dans des dizaines de villes. Des sources médicales contactées par la BBC témoignent d’une affluence massive de blessés dans les hôpitaux de la capitale, Téhéran. Un médecin a décrit une situation de crise à l’hôpital Farabi, principal centre ophtalmologique de la ville, où les admissions et les interventions chirurgicales non urgentes ont dû être suspendues. Un autre professionnel de la santé a signalé un manque cruel de chirurgiens pour faire face au flux constant de patients.

Ces informations parviennent difficilement à l’extérieur du pays, car l’accès à Internet est quasiment totalement coupé en Iran depuis jeudi soir. La BBC a pu joindre un médecin iranien via le service Internet par satellite Starlink, permettant de confirmer la gravité de la situation dans les hôpitaux.

La répression se durcit également. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a adopté une rhétorique intransigeante dans un discours télévisé vendredi, affirmant que la République islamique ne reculera pas face à ceux qui la contestent. Il a réitéré cette position lors d’une réunion avec des partisans, déclarant que l’Iran “n’évitera pas d’avoir à faire face à des éléments destructeurs”.

Les autorités sécuritaires et judiciaires ont lancé une série d’avertissements coordonnés, promettant des mesures “juridiques nécessaires et décisives” contre les manifestants, qualifiés de “vandales armés” et de “perturbateurs de la paix et de la sécurité”. Les services de renseignement du Corps des Gardiens de la révolution islamique ont menacé de poursuivre leurs opérations “jusqu’à la défaite complète du plan de l’ennemi”.

Sur la scène internationale, les réactions se multiplient. Le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le chancelier allemand Friedrich Merz ont publié une déclaration commune appelant les autorités iraniennes à protéger la liberté d’expression et de réunion pacifique. Le secrétaire général des Nations Unies a également exprimé son inquiétude face aux pertes humaines et rappelé le droit de manifester pacifiquement.

Les organisations de défense des droits humains font état d’un bilan de plus de 50 manifestants tués depuis le début des protestations, le 28 décembre, ainsi que de 15 membres des forces de sécurité décédés. L’agence Human Rights Activists Agency (HRANA), basée aux États-Unis, rapporte également plus de 2 311 arrestations. Human Rights Iran, une organisation basée en Norvège, affirme que 51 manifestants, dont neuf enfants, ont perdu la vie.

Le fils du dernier Shah d’Iran, Reza Pahlavi, a appelé à la poursuite des mobilisations et a annoncé se préparer à retourner dans le pays. Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque vendredi une sélection de nos meilleurs contenus.

L’ancien ambassadeur britannique en Iran, Simon Gass, a mis en garde contre les attentes d’un changement de régime rapide, soulignant l’absence d’une opposition organisée et le sentiment de désespoir économique qui anime les manifestants.

Par ailleurs, le président américain Donald Trump a averti les dirigeants iraniens, déclarant :

« Nous les frapperons très fort, là où cela fait mal. »

Donald Trump, président des États-Unis

Les autorités américaines ont qualifié d’« illusoires » les accusations du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui imputait les manifestations à Israël et à Washington.

You may also like

Leave a Comment