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États-Unis : 18,7 millions de chauves-souris tuées depuis 1981 selon une étude

Des parcs éoliens terrestres aux États-Unis ont causé la mort d'environ 18,7 millions de chauves-souris entre 1981 et 2024, selon une vaste étude publiée dans les Proceedings of…

États-Unis : 18,7 millions de chauves-souris tuées depuis 1981 selon une étude

Des parcs éoliens terrestres aux États-Unis ont causé la mort d’environ 18,7 millions de chauves-souris entre 1981 et 2024, selon une vaste étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. La mortalité annuelle dépasse les 1,5 million d’individus depuis 2021.

L’expansion rapide des infrastructures d’énergie éolienne au cours des quatre dernières décennies s’accompagne d’un lourd tribut pour la faune volante. Une recherche approfondie menée par l'Institut géologique des États-Unis (USGS) et ses partenaires révèle l'ampleur nationale des collisions de chiroptères avec les pales des turbines.

Une modélisation statistique sur près de 500 rapports de surveillance

Pour évaluer ce bilan, les chercheurs ont combiné 499 rapports de surveillance post-construction provenant de 277 parcs éoliens répartis dans les 48 États contigus, recensés entre 1996 et 2024. Auparavant, le suivi s’effectuait de manière fragmentée selon les exigences réglementaires de chaque site, ce qui masquait l’ampleur globale du phénomène.

États-Unis : 18,7 millions de chauves-souris tuées depuis 1981 selon une étude
Photo : Yahoo

Les inventaires de carcasses sur le terrain comportent des angles morts inévitables. Des charognards emportent rapidement les animaux morts ou les hautes herbes dissimulent les corps. L’équipe scientifique a donc développé des modèles statistiques avancés pour corriger ces manques et estimer la mortalité réelle, y compris sur les sites non surveillés. Les auteurs ont toutefois noté dans les travaux relayés par Phys : « Malgré l’utilisation de méthodes statistiques modernes, l’état des données est resté un facteur limitant dans notre analyse. » The Wildlife Society note de son côté que l’écologiste quantitatif de l’USGS Charles Labuzzetta a qualifié ces décès de bien plus alarmants que prévu, des propos corroborés par le PDG de l’organisation Ed Arnett, ancien chercheur pour Bat Conservation International, qui relève que ces chiffres confirment ses propres travaux menés plus d’une décennie auparavant.

Les espèces migratrices et forestières payent le plus lourd tribut

L’analyse détaille l’impact sur dix espèces de chauves-souris, bien que l’étude globale englobe au total 28 espèces selon Euronews. Quatre d’entre elles concentrent la majorité des cas recensés. Les chauves-souris cendrées (Lasiurus cinereus) arrivent en tête avec environ 6,7 millions de morts, suivies par les chauves-souris rousses de l’Est (Lasiurus borealis) avec 5,8 millions de victimes, et les chauves-souris argentées (Lasionycteris noctivagans) à hauteur de 3,4 millions. La grande chauve-souris brune (Eptesicus fuscus) totalise quant à elle 1,5 million de pertes, d’après les précisions rapportées par New Scientist.

Millions of Bat Deaths Reveal Where Wind Turbines Pose the Greatest Risk

Leurs vastes déplacements saisonniers les conduisent à traverser les grands axes migratoires où se dressent de nombreuses éoliennes. The Wildlife Society souligne que la mortalité annuelle a franchi le cap des 1,5 million d’individus dès 2021.

Certains facteurs géographiques augmentent la mortalité

L’étude identifie des facteurs géographiques et techniques précis qui augmentent les taux de mortalité. Les turbines implantées à proximité des cours d’eau enregistrent des taux plus élevés, les rivières servant de corridors de navigation et de zones de recherche de nourriture pour les chiroptères.

Les parcs situés dans les montagnes des Appalaches et les zones karstiques présentant des cavités ou des puits de mine affichent également une dangerosité accrue. Concernant l’architecture des machines, New Scientist rapporte que les pales plus longues et les rotors dotés d’une plus faible garde au sol aggravent la vulnérabilité de plusieurs espèces.

Wind turbines have killed 18M bats since 1981
Photo : The Wildlife Society

Le bridage opérationnel réduit les collisions de 80 %

Des parades existent pour réduire ces collisions sans compromettre la production d’électricité verte. La principale méthode repose sur le bridage opérationnel, ou curtailment, qui consiste à interrompre le fonctionnement des turbines lors des périodes de forte activité des chauves-souris, notamment les nuits à faible vent durant les migrations.

Selon Yahoo, une analyse européenne portant sur 141 parcs a montré qu’éviter de faire tourner les pales dans des conditions favorables au vol de ces animaux réduisait la mortalité de plus de 80 %, tandis que les orientations du service américain de la faune estiment la réduction moyenne à environ 62 % selon les régimes de vent.

États-Unis : 18,7 millions de chauves-souris tuées depuis 1981 selon une étude
Photo : Euronews

Cependant, les exploitants américains ne font face à aucune obligation générale de curtailment en dehors des cas où une espèce menacée déclenche des dispositions juridiques spécifiques.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.