Home MondeEXCLUSIF : le chef de l’économie de l’UE exhorte le G7 à accélérer le prêt de 50 milliards de dollars à l’Ukraine

EXCLUSIF : le chef de l’économie de l’UE exhorte le G7 à accélérer le prêt de 50 milliards de dollars à l’Ukraine

by Clara Dubois

Publié le 28 novembre 2025 05:01:00. La Commission européenne presse ses alliés occidentaux d’accélérer le déblocage de fonds promis à l’Ukraine, tandis que la Belgique continue de bloquer un plan européen visant à utiliser les avoirs russes gelés pour financer l’effort de guerre de Kiev.

  • La Commission européenne appelle à une accélération des versements du prêt de 50 milliards de dollars (environ 46 milliards d’euros) consenti par le G7 à l’Ukraine.
  • La Belgique s’oppose fermement à un projet de l’UE consistant à utiliser les revenus des avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine, soulevant des questions juridiques et financières.
  • L’Ukraine pourrait faire face à un déficit budgétaire de 12 milliards de dollars (environ 10 milliards d’euros) au premier trimestre de l’année prochaine.

Bruxelles met la pression sur les pays occidentaux pour qu’ils honorent leurs engagements financiers envers l’Ukraine, confrontée à des besoins urgents de financement. Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l’Économie, a souligné la nécessité de concentrer les décaissements du prêt du G7, convenu en juin dernier, afin de combler le déficit budgétaire ukrainien qui se profile à l’horizon du premier trimestre 2026. « Nous sommes en discussion avec d’autres donateurs internationaux, notamment le Royaume-Uni, le Canada, le Japon et les États-Unis, pour voir si leur soutien peut être concentré dès le début de l’année », a-t-il déclaré.

Selon le commissaire letton, une mobilisation rapide de ces fonds pourrait suffire à couvrir les besoins de financement de l’Ukraine au premier trimestre, mais cela « reste encore à voir ». L’UE a déjà versé sa part du prêt du G7, s’élevant à 18,1 milliards d’euros, mais environ 14 milliards d’euros restent à décaisser par les autres pays contributeurs.

Cette situation intervient alors que l’UE peine à trouver un consensus sur un plan de prêt distinct de 185 milliards d’euros, destiné à utiliser les avoirs russes gelés. Ce projet, qui vise à exploiter les soldes de trésorerie associés aux actifs souverains russes détenus par Euroclear, une chambre de compensation basée à Bruxelles, a été vivement critiqué par le Premier ministre belge Bart De Wever. Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, il a qualifié ce plan de « fondamentalement erroné ».

La Belgique refuse de soutenir ce prêt tant que ses risques juridiques et financiers ne sont pas partagés et que d’autres pays de l’UE n’exploitent pas les actifs russes détenus sur leur territoire. Euroclear a également exprimé des réserves similaires. Bart De Wever n’a pas encore renoncé à son opposition, malgré les efforts de la Commission européenne pour le convaincre.

Bien que l’adhésion de la Belgique ne soit pas une « condition préalable » à la présentation d’une proposition juridique détaillée, un accord belge serait « idéal », a précisé Dombrovskis. Il a toutefois admis qu’il y avait peu de progrès politiques à ce stade. « La Belgique n’a toujours pas accepté ce concept », a-t-il reconnu.

La Commission européenne s’apprête à présenter une proposition qui tiendra compte des préoccupations de la Belgique. En parallèle, elle étudie une solution de transition, qui pourrait impliquer l’utilisation de la dette commune de l’UE et de subventions bilatérales des États membres pour combler temporairement le déficit budgétaire de Kiev. Un document d’options distribué aux capitales européennes estime que l’Ukraine aura besoin de 72 milliards d’euros de soutien militaire et social en 2026, et de 64 milliards d’euros supplémentaires en 2027.

Ursula von der Leyen a suggéré plus tôt cette semaine que ces alternatives ne seraient pas viables si elles étaient entièrement financées par les contribuables européens. Dombrovskis a insisté sur l’urgence de la situation et la nécessité de prendre des décisions concrètes. « Nous ne pouvons pas discuter sans fin de nos options », a-t-il déclaré. « Nous devons prendre des décisions concrètes. »

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