L’administration américaine envisage de proposer à Nicolas Maduro, le président vénézuélien, un exil doré au Qatar, tandis que la pression militaire sur le régime de Caracas pourrait s’intensifier avec des opérations ciblant les trafiquants de drogue dans les eaux territoriales du Venezuela.
À retenir
- L’administration Trump étudie la possibilité d’offrir à Nicolas Maduro un exil luxueux au Qatar, dans le but de faciliter sa démission.
- Des frappes américaines contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue pourraient bientôt s’étendre aux eaux territoriales vénézuéliennes.
- Donald Trump a menacé d’autoriser des frappes contre des trafiquants de drogue basés non seulement au Venezuela, mais aussi en Colombie.
Contexte
Selon une source haut placée au sein de l’administration Trump, le secrétaire d’État Marco Rubio a suggéré d’offrir à Maduro, 63 ans, un refuge au Qatar, un émirat riche en gaz naturel qui joue un rôle d’intermédiaire dans le conflit vénézuélien. Cette proposition s’inscrit dans un contexte de fortes pressions exercées par Washington pour contraindre Maduro à quitter le pouvoir.
Trois responsables en exercice et deux anciens responsables administratifs ont confirmé la plausibilité de ce scénario. Le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont connus pour leur volonté d’accueillir des personnalités controversées, ce qui leur permet de renforcer leurs relations avec les États-Unis, a déclaré une source proche de l’administration. « Ils sont tous les trois en compétition les uns contre les autres, tant dans la région que pour obtenir l’approbation des États-Unis », a-t-elle ajouté.
Cependant, une source proche des négociations impliquant le Qatar a démenti que Maduro recherche activement un lieu d’exil à Doha. Le Qatar a déjà participé à la médiation d’un accord de paix proposé par Trump entre Israël et le Hamas, et abrite des dirigeants de ce mouvement, ce qui a conduit Israël à lancer des frappes aériennes en septembre pour tenter de les éliminer.
« Il est inexact de dire que Maduro fuit au Qatar », a affirmé cette source.
La semaine dernière, Donald Trump a eu une conversation directe avec Maduro, lui demandant de démissionner. Le président vénézuélien aurait contre-proposé un transfert de pouvoir à son vice-président, assorti d’une amnistie générale pour lui-même et ses alliés.
Ce qui change
L’administration Trump a désigné Maduro et ses proches comme membres d’une organisation terroriste étrangère le mois dernier, élargissant ainsi les options militaires des États-Unis pour intervenir au Venezuela. Marco Rubio a accusé le « Cartel de los Soles », prétendument dirigé par Maduro, d’être responsable d’actes de terrorisme.
La Maison Blanche a justifié les frappes militaires contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes, notamment une double frappe du 2 septembre qui a entraîné la mort de survivants, en invoquant le droit à la légitime défense pour protéger les intérêts américains. La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a défendu la légalité de ces opérations, qui ont fait au moins 80 morts.
L’administration Trump envisage désormais de cibler les trafiquants de drogue présumés dans les eaux territoriales vénézuéliennes, qui s’étendent sur 12 milles marins au large. Une telle action pourrait cependant accroître la pression politique sur Trump pour qu’il obtienne l’approbation du Congrès avant de lancer une guerre, alors que des législateurs des deux partis ont déjà critiqué les frappes contre les bateaux sans vote parlementaire.
Le 23 octobre, Trump avait déclaré qu’il se préparait à informer le Congrès de son intention de lancer des attaques terrestres au Venezuela, mais il s’est abstenu de le faire dans l’espoir de négocier la démission et l’exil de Maduro.
Lors d’une réunion du Cabinet mardi, Trump a menacé d’ordonner des frappes contre les trafiquants de drogue vénézuéliens, et a ajouté que les opérateurs colombiens seraient également visés. « Quiconque fait cela et le vend dans notre pays est susceptible d’être attaqué », a-t-il déclaré. « Pas seulement le Venezuela. »
Prochaines étapes
Des responsables américains collectent actuellement des renseignements afin de formuler des recommandations sur les prochaines mesures à prendre, une décision étant attendue dans les prochains jours.
Chiffres clés
- 80+ : Nombre minimum de personnes tuées lors des frappes américaines contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue.
- 12 milles marins : Extension des eaux territoriales vénézuéliennes.
Sources
Aucune source spécifique n’est citée dans le texte original.
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