Publié le 9 janvier 2026. Ford ambitionne de rendre les véhicules définis par logiciel (SDV) accessibles au grand public, une stratégie qui pourrait révolutionner le marché automobile en démocratisant les technologies de pointe.
- Ford prévoit de lancer un assistant IA intégré à ses applications dès début 2026, permettant aux utilisateurs de vérifier la capacité de chargement de leurs véhicules.
- Le constructeur automobile travaille sur une nouvelle architecture informatique centralisée pour réduire les coûts et faciliter l’intégration de fonctionnalités avancées, notamment la conduite autonome de niveau 3.
- L’expansion de BlueCruise, le système de conduite autonome de Ford, à une gamme plus large de véhicules est prévue pour 2027.
Alors que les logiciels sophistiqués, tels que les grands modèles linguistiques (LLM) et les systèmes de conduite autonome, se multiplient dans l’industrie automobile, ils restent pour l’instant cantonnés aux modèles haut de gamme et onéreux. Face à ce constat, Ford a annoncé au Consumer Electronics Show (CES) à Las Vegas sa volonté de rendre les véhicules définis par logiciel (SDV) plus abordables, s’inspirant de la vision d’Henry Ford qui, au début du XXe siècle, a rendu l’automobile accessible à tous avec le modèle T.
La première étape de cette ambition se concrétisera par le lancement d’un assistant IA, intégré aux applications Ford et Lincoln, dès le début de l’année 2026. Cet outil permettra aux propriétaires de vérifier facilement si un objet spécifique peut être transporté dans leur véhicule. Il suffira de prendre une photo de l’objet en question et de poser une question simple, comme : « Est-ce que cela rentrera ? » ou « Combien de personnes peuvent tenir dans la benne de mon pick-up ? ». L’assistant IA analysera ensuite l’image et fournira une réponse précise.
Ford explique que l’IA utilisera probablement la distance focale de l’appareil photo du smartphone et les données des capteurs pour déterminer les dimensions de l’objet. Le constructeur précise toutefois qu’il est essentiel que l’IA ne produise pas d’« hallucinations » lors de ces mesures, c’est-à-dire qu’elle ne fournisse pas d’informations erronées. Une version intégrée de cet assistant sera ensuite déployée directement dans les véhicules à partir de 2027.
Parallèlement, Ford entend étendre son système de conduite autonome BlueCruise, actuellement disponible sur ses modèles les plus luxueux, à une gamme plus large de véhicules. Plus de 1,2 million de véhicules Ford sont déjà équipés de cette technologie de niveau 2 Plus Plus. En développant ses propres solutions en interne, le constructeur espère réduire les coûts et rendre la conduite mains libres plus accessible. BlueCruise devrait ainsi être disponible sur des véhicules plus abordables dès 2027, notamment grâce à l’utilisation de la nouvelle plateforme Véhicule Électrique Universel (UEV). Ford prévoit également d’intégrer de véritables capacités de conduite hors route (niveau 3 ou L3) à ses véhicules d’ici 2028, sans pour autant se limiter aux modèles haut de gamme.
Pour atteindre ces objectifs, Ford mise sur une nouvelle architecture informatique centralisée. L’architecture actuelle, basée sur de multiples modules interconnectés via un bus CAN, ne dispose pas de la puissance de calcul nécessaire pour gérer des fonctions complexes telles que la conduite autonome de niveau 3. La nouvelle architecture permettra de centraliser toutes les fonctions – infodivertissement, systèmes d’aide à la conduite (ADAS), audio, gestion des capteurs – dans un seul module, réduisant ainsi les coûts et simplifiant l’intégration de nouvelles fonctionnalités. Cette approche, dite « zonale », est déjà adoptée par d’autres constructeurs automobiles tels que Tesla, Lucid et Rivian.
Cependant, un défi majeur subsiste : le coût des composants électroniques, en particulier des puces mémoire. La demande croissante de la part des centres de données d’IA, comme le souligne la BBC, pourrait entraîner une hausse des prix et une pénurie de composants, ce qui pourrait compromettre les efforts de Ford pour rendre ses technologies plus abordables.
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