Publié le 2025-12-01 21:56:00. Une nouvelle étude révèle qu’une simple combinaison de données facilement mesurables grâce aux montres connectées permet d’évaluer le risque de maladies cardiaques avec une précision supérieure aux méthodes traditionnelles.
- La fréquence cardiaque quotidienne et le nombre de pas quotidiens, combinés dans un nouvel indicateur appelé DHRPS (fréquence cardiaque quotidienne par pas), offrent une évaluation plus précise du risque cardiovasculaire.
- Le DHRPS est calculé en divisant la fréquence cardiaque quotidienne moyenne par le nombre moyen de pas quotidiens.
- Des recherches menées sur plus de 7 000 utilisateurs de Fitbit pendant cinq ans confirment la fiabilité de cette nouvelle méthode.
Des chercheurs de l’Université Northwestern et du programme All of Us Research Program ont mis au point une nouvelle approche pour évaluer le risque de maladies cardiaques, s’appuyant sur des données aisément accessibles grâce aux appareils connectés. Cette méthode, qui combine la fréquence cardiaque quotidienne et le nombre de pas quotidiens, se révèle plus performante que les techniques d’évaluation classiques.
L’étude, publiée par l’Association américaine du cœur et relayée par Objectif scientifique, met en lumière l’importance de la relation entre ces deux paramètres. La fréquence cardiaque et le nombre de pas sont depuis longtemps considérés comme des indicateurs de santé cardiovasculaire, mais c’est leur combinaison, sous la forme du DHRPS, qui apporte une vision plus précise.
Le DHRPS (fréquence cardiaque quotidienne par pas) se calcule en divisant la fréquence cardiaque quotidienne moyenne par le nombre moyen de pas quotidiens. Selon Objectif scientifique, ce résultat fournit une mesure simple et directe de l’état cardiovasculaire, surpassant en précision l’analyse de chaque métrique prise individuellement.
« La mesure du DHRPS est en réalité mieux corrélée avec le diabète de type 2, l’insuffisance cardiaque, l’infarctus du myocarde et les crises cardiaques »
Flynn Chen, auteur principal de l’étude
L’Association américaine du cœur souligne que le DHRPS présente des associations plus fortes avec les facteurs de maladies cardiovasculaires, même après ajustement en fonction de la fréquence cardiaque quotidienne et du nombre de pas.
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 7 000 utilisateurs de Fitbit sur une période de cinq ans, accumulant plus de 50 milliards de pas. L’étude a révélé qu’un DHRPS élevé était associé à une prévalence accrue de diabète de type 2 (rapport de cotes de 2,03), d’hypertension (1,63), d’insuffisance cardiaque (1,77) et d’athérosclérose coronarienne (1,44), même après prise en compte de la fréquence cardiaque et du nombre de pas.
Cette approche scientifique a permis de classer les participants en trois catégories en fonction de leur DHRPS : faible (0,0081 ou moins), moyen (supérieur à 0,0081 et inférieur à 0,0147) et élevé (0,0147 ou plus). Selon Chen, le moyen le plus simple d’améliorer son score est d’augmenter le nombre de pas quotidiens, ce qui réduit la valeur de la métrique et, par conséquent, le risque associé.
Les tests d’effort, bien qu’efficaces pour évaluer la réponse cardiaque à l’exercice, présentent des limites en termes d’accès et d’observance (moins de 60 % aux États-Unis, selon l’Association américaine du cœur). En revanche, les appareils intelligents tels que Fitbit et Apple Watch permettent de collecter des données de manière continue et volontaire, facilitant ainsi la surveillance et la détection précoce des risques.
Le DHRPS, facile à calculer, offre une alternative pratique et peu coûteuse pour l’évaluation du risque cardiovasculaire, surpassant la précision de la fréquence cardiaque ou du comptage des pas pris séparément. L’augmentation du nombre de pas quotidiens est la stratégie la plus efficace pour améliorer le DHRPS, réduisant ainsi le risque de maladies cardiaques.
Les spécialistes recommandent de collecter au moins une semaine de données fiables avec un appareil intelligent pour obtenir un score significatif. La généralisation de l’utilisation d’appareils intelligents pour surveiller la santé permet aux utilisateurs d’accéder en temps réel à des informations détaillées sur leur bien-être.
Tant Objectif scientifique que l’Association américaine du cœur s’accordent à dire que l’autosurveillance et la disponibilité de données continues ouvrent de nouvelles perspectives pour la prévention et la gestion des maladies cardiovasculaires. De plus, la corrélation entre le DHRPS et la capacité aérobie suggère de futures applications pour évaluer la condition physique sans recourir à des tests cliniques complexes.
Si la fréquence cardiaque quotidienne s’avère être un bon substitut à la mesure du VO2 max, elle pourrait devenir un outil accessible permettant à chacun d’obtenir des informations pertinentes sur sa santé cardiovasculaire sans dépendre de procédures complexes ou coûteuses.
