La nomination d’un nouveau membre au sein du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine, combinée à des signaux mitigés sur la conjoncture économique, maintient l’incertitude sur la trajectoire des taux d’intérêt. Les marchés restent attentifs aux données économiques canadiennes, tandis que l’évolution de la situation en Ukraine et les tensions budgétaires au Royaume-Uni continuent d’influencer les taux de change.
Le président Trump a nommé Stephen Miran pour occuper temporairement un siège vacant au FOMC, en attendant la confirmation du Sénat en septembre. M. Miran s’est aligné sur les appels répétés de l’administration Trump en faveur de baisses de taux et a minimisé l’impact inflationniste des droits de douane. Il devrait rejoindre Christopher Waller et Michelle Bowman dans une position plus accommodante, avec un risque qu’il cherche à obtenir un consensus pour une baisse de taux plus importante, de 50 points de base (pb).
Cependant, l’impact de cette nomination pourrait être limité. Des informations suggèrent que Christopher Waller, considéré comme un modéré, serait le favori pour succéder à Jay Powell à la tête de la Fed. Cette perspective pourrait atténuer les anticipations de baisses de taux à court terme.
Sur le front économique, les États-Unis connaissent une période de calme. Les données publiées hier ont révélé une augmentation du nombre de personnes ayant quitté leur emploi, atteignant 226 000, après une période de baisse. Ce chiffre, le plus élevé depuis novembre 2021, témoigne des difficultés croissantes de réintégration sur le marché du travail. Les analystes s’attendent à une stabilisation autour de 98,0, mais le biais reste baissier.
Ailleurs, le Canada publiera aujourd’hui ses chiffres de l’emploi. Les prévisions penchent vers une accélération de la croissance, à 7,0 %. Les marchés financiers continuent de sous-estimer le risque de deux baisses de taux d’intérêt par la Banque du Canada cette année, en raison des conséquences des droits de douane.
L’euro est également sous surveillance, après un bref regain d’optimisme suite à l’annonce d’une prochaine rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Les marchés évaluent désormais la probabilité d’une trêve en Ukraine, mais restent prudents, faute d’indications concrètes d’une volonté de cessez-le-feu de la part de la Russie. Les prix de l’énergie et le taux de change EUR/USD seront des indicateurs clés de l’évolution du sentiment du marché.
Les monnaies scandinaves pourraient bénéficier d’une désescalade des tensions géopolitiques. La couronne suédoise semble mieux positionnée que la couronne norvégienne, en raison de leurs expositions opposées aux prix de l’énergie. La Suède a signalé une accélération de l’inflation du CPIF en juillet, à 3,0 %, mais ce chiffre était largement anticipé. L’inflation sous-jacente a quant à elle décéléré plus rapidement que prévu, à 3,1 %. La Riksbank ne devrait pas procéder à d’autres baisses de taux, mais la situation reste incertaine après l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis.
Concernant la livre sterling, la Banque d’Angleterre (BOE) a affiché une attitude plus ferme lors de sa dernière réunion, avec un vote divisé à 5 contre 4. Le MPC a dû recourir à deux tours de vote pour parvenir à une majorité. La BOE a également suggéré que la fin du cycle de resserrement monétaire approchait, en indiquant que « la restriction de la politique monétaire a diminué à mesure que le taux bancaire a été réduit ». La conférence de presse du gouverneur Andrew Bailey n’a pas été aussi belliciste, mais compte tenu de la révision à la hausse des prévisions d’inflation et des tensions sur le marché du travail, la stabilisation de la courbe des rendements et la hausse de la livre sterling sont justifiées. Une nouvelle baisse des taux d’intérêt d’ici la fin de l’année est désormais estimée à 75 %.
La réduction du resserrement quantitatif a également été un sujet de discussion majeur. Le MPC a estimé que le QT avait ajouté 15 à 25 points de base aux rendements obligataires, ce qui devrait maintenir les attentes d’une réduction en septembre. La forte dissidence au sein du MPC souligne l’importance des prochaines publications d’inflation. Une modération plus convaincante de l’inflation sera nécessaire pour que 2025 soit pleinement intégré dans les prix. La livre sterling est donc dans une position plus forte, bien que les difficultés budgétaires du Royaume-Uni et la force de l’euro puissent limiter une correction plus importante. Un mouvement au-dessus de 1,35 est tout à fait possible.
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