Publié le 2025-11-09 06:35:00. Des chercheurs espagnols ont identifié deux molécules clés, miR-495 et let-7c, qui jouent un rôle crucial dans le développement du cœur et pourraient ouvrir de nouvelles pistes pour la réparation des maladies cardiaques congénitales ou acquises.
- L’étude révèle comment ces molécules agissent comme des « commutateurs » pour contrôler l’expression des gènes impliqués dans la formation du cœur.
- Les travaux, menés sur des modèles murins, mettent en lumière le rôle du facteur de transcription Foxf1 dans la régulation de ces microARN.
- Cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre dans les malformations cardiaques et d’envisager de nouvelles approches thérapeutiques.
À l’instar de la recherche de proportions parfaites menée par Léonard de Vinci avec son Homme de Vitruve, une équipe de scientifiques s’est penchée sur les proportions invisibles qui régissent le développement du cœur. Leurs travaux, publiés dans la revue Sciences de la vie cellulaire et moléculaire, dévoilent un réseau complexe de molécules et de signaux cellulaires qui orchestrent la formation de cet organe vital.
L’étude, fruit d’une collaboration entre les universités de Jaén, de Malaga et de Grenade, ainsi que de la Fondation Médine de Grenade, du Centre national de recherche cardiovasculaire et du Réseau du Centre de recherche biomédicale sur les maladies cardiovasculaires, confirme l’importance de deux microARN, miR-495 et let-7c, dans la migration des cellules de l’épicarde, une étape essentielle du développement cardiaque embryonnaire.
L’ADN, porteur de l’information génétique, est transcrit en ARN, qui à son tour transmet les instructions aux cellules pour la production de protéines ou la régulation d’autres gènes. Ce dernier est ensuite transformé en petites molécules appelées microARN. Ces microARN ne sont pas traduits en protéines, mais se lient à d’autres ARN messagers pour bloquer ou dégrader leur expression, agissant ainsi comme des « commutateurs » génétiques. Ils activent ou désactivent certains gènes, assurant le bon fonctionnement de l’organisme.
Les chercheurs ont démontré que ces deux « commutateurs », miR-495 et let-7c, sont régulés par le facteur de transcription Foxf1, une protéine qui agit comme un chef d’orchestre dans ce processus complexe.
« Foxf1 régule let-7c, il régule d’autres gènes et microARN, et l’ensemble de ce réseau permet aux cellules épicardiques de se déplacer et de se différencier correctement vers d’autres types de cellules, créant ainsi un réseau complexe de contrôle génétique. Autrement dit, ces microARN fonctionnent comme des “commutateurs principaux” au sein d’un système de commutateurs plus petit »,
Estefanía Lozano, chercheur à l’Université de Jaén et auteur de l’article
En comparant les profils d’ARN à différents stades du développement cardiaque chez la souris, les scientifiques ont pu cartographier avec précision les interactions entre les gènes, les microARN et les facteurs de transcription. Cette « carte moléculaire » détaillée révèle non seulement quels gènes sont impliqués, mais aussi comment les différents niveaux de régulation communiquent entre eux.
Bien que ces travaux aient été réalisés sur des modèles murins et se concentrent sur un stade précoce du développement embryonnaire, les chercheurs estiment que les mécanismes identifiés pourraient être similaires chez l’homme. Cela ouvre la voie à de nouvelles recherches sur les causes des malformations cardiaques congénitales et à l’élaboration de thérapies régénératives pour réparer les cœurs endommagés, par exemple après un infarctus.
En quelque sorte, ces chercheurs tracent une nouvelle forme de Vitruve, invisible et précise, où chaque gène, chaque microARN et chaque protéine occupe une place déterminée dans une architecture biologique complexe qui permet la formation et la potentielle régénération du cœur. Tout comme Léonard de Vinci cherchait à représenter les proportions parfaites du corps humain, la science moderne commence à définir les proportions moléculaires qui rendent son existence possible.
Plus d’informations dans #DirectScience : Ils identifient deux molécules qui contrôlent la régénération cellulaire du cœur
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