Publié le 23 octobre 2023 19h06. Google annonce une avancée majeure dans le domaine de l’informatique quantique, capable de surpasser les performances des ordinateurs classiques et ouvrant des perspectives prometteuses pour la découverte de nouveaux médicaments et la science des matériaux.
- La puce quantique Willow de Google, associée à un nouvel algorithme, a démontré une capacité de calcul 13 000 fois supérieure à celle des meilleurs superordinateurs classiques pour une tâche spécifique.
- Cette percée, publiée dans la revue Nature, est considérée par Google comme le premier « avantage quantique vérifiable », un jalon crucial pour l’application pratique de cette technologie.
- Les chercheurs soulignent que les résultats sont reproductibles et vérifiables de manière indépendante, ce qui renforce la crédibilité de cette avancée.
Google franchit une nouvelle étape dans la course à l’ordinateur quantique. L’entreprise a annoncé avoir développé un algorithme, baptisé « échos quantiques », capable de résoudre un problème spécifique de manière significativement plus rapide que les ordinateurs traditionnels, même les plus puissants. Cette prouesse a été réalisée grâce à sa dernière puce quantique, Willow, et a fait l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue scientifique Nature.
Selon Google, la puce Willow a exécuté l’algorithme 13 000 fois plus rapidement que le meilleur algorithme classique fonctionnant sur un superordinateur de pointe. Cette performance ouvre la voie à des applications potentielles dans des domaines complexes tels que la modélisation moléculaire, essentielle à la découverte de nouveaux médicaments et à la science des matériaux. L’algorithme permet notamment d’expliquer les interactions entre les atomes d’une molécule en utilisant la résonance magnétique nucléaire.
Sundar Pichai, PDG de Google, a salué cette avancée comme une étape importante.
« Notre puce Willow a obtenu le premier avantage quantique vérifiable »
Sundar Pichai, PDG de Google
Il a également souligné que cette percée représente une étape cruciale vers la première application réelle de l’informatique quantique, partageant cette information sur la plateforme X (anciennement Twitter).
Hartmut Neven, vice-président de l’ingénierie chez Google, tempère toutefois l’enthousiasme, estimant que l’utilisation concrète des ordinateurs quantiques pourrait encore prendre cinq ans. Néanmoins, il reconnaît l’importance de cette avancée. Michel Devoret, lauréat du prix Nobel de physique en 2023 et scientifique en chef de l’unité d’intelligence artificielle quantique de Google, a déclaré :
« Cela représente une nouvelle étape vers l’informatique quantique à grande échelle. »
Michel Devoret, scientifique en chef de l’unité d’intelligence artificielle quantique de Google
Il est important de noter que Google a déjà revendiqué par le passé des « avantages quantiques », mais cette nouvelle réalisation se distingue par la reproductibilité et la vérifiabilité indépendante des résultats. L’entreprise insiste sur le fait que ce calcul, dépassant les capacités des ordinateurs classiques et étant reproductible, constitue une base solide pour une vérification évolutive, permettant aux ordinateurs quantiques de devenir des outils pratiques pour diverses applications. Certains scientifiques restent néanmoins prudents, soulignant les défis techniques importants qui subsistent dans le développement de l’informatique quantique.
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