Dix jours après son assermentation officielle le 21 octobre, le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon impose un style de gouvernance. Si son intervention rapide sur l’itinérance a été saluée, son refus de participer au sommet Canada-Union européenne et ses nominations politiques suscitent des réactions contrastées au sein de la classe politique québécoise.
Un début de mandat marqué par des tensions diplomatiques
Le nouveau gouvernement, porté au pouvoir le 5 octobre, a entamé ses activités avec une volonté affichée d’affirmer la position du Québec sur l’échiquier politique. Le choix du premier ministre Paul St-Pierre Plamondon de boycotter le sommet Canada-Union européenne a rapidement cristallisé les débats. Pour certains observateurs, cette décision marque une rupture symbolique forte, positionnant le Québec comme un acteur qui ne souhaite plus être pris à la légère dans ses relations avec Ottawa et les instances internationales.
Toutefois, cette approche ne fait pas l’unanimité. Si le Journal de Montréal appuie la défense des intérêts du Québec, il désapprouve la décision de manquer une occasion unique de rencontrer des personnalités importantes, arguant que le premier ministre aurait dû représenter les Québécois une fois son insatisfaction exprimée.
Nominations au cabinet et critiques de l’opposition
La composition de l’équipe entourant le premier ministre et ses 22 ministres a fait l’objet d’une attention particulière, notamment en raison de la lenteur du processus de nomination des chefs de cabinet. La liste finale, rendue publique le vendredi 30 octobre, révèle une diversité de parcours, incluant des profils issus de la Coalition avenir Québec (CAQ). Parmi ces nominations, celle de Jacinthe-Eve Arel, ancienne candidate conservatrice en 2022, a provoqué une vive opposition de Québec solidaire, qui a réclamé l’annulation de cette embauche.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a quant à lui critiqué le caractère partisan de ces choix. La leader parlementaire conservatrice, Maïté Blanchette Vézina, a pour sa part dénoncé ce qu’elle qualifie d’improvisation dans le processus d’embauche, pointant notamment la nomination de Pierre-Luc Desgagné au poste de sous-ministre aux Relations internationales. Selon elle, ces décisions risquent d’alimenter le cynisme au sein de la population.
Actions concrètes et communication gouvernementale
Malgré les remous politiques, le gouvernement a commencé à déployer certaines mesures promises durant la campagne électorale. Dès le 23 octobre, deux jours après l’assermentation du Conseil des ministres, le premier ministre a annoncé un investissement de 28 millions de dollars pour la création de 1 000 places supplémentaires en halte-chaleur pour l’hiver. Comme le rapporte le 985fm.ca, ces sommes allouées à l’itinérance ont été bien accueillies dans le milieu concerné.
Sur le plan de la communication, le gouvernement mise sur une approche directe. Alex Boissonneault, nommé directeur des communications et porte-parole, a précisé que le premier ministre maintiendrait une présence active sur les réseaux sociaux. Cette stratégie, jugée efficace par des spécialistes de la communication politique comme Thierry Giasson, permet au chef du gouvernement de conserver un contrôle étroit sur son message tout en s’exprimant de manière directe auprès des citoyens.
À ce stade, le gouvernement péquiste s’efforce de concilier ses promesses électorales avec la réalité diplomatique et les attentes de l’opposition. Alors que le chroniqueur Mathieu Boivin soulignait lundi au micro de Patrick Lagacé sur les ondes du 985fm.ca que le travail n’attend pas, le premier ministre se prépare déjà pour les futures négociations commerciales, notamment avec Washington, où il devra démontrer qu’il est un joueur qu’on ne peut prendre à la légère.
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