À partir de ce 1er novembre 2026, l’Union européenne instaure des frais de traitement de 2 euros pour chaque catégorie d’article dans les envois de vente à distance en provenance de pays tiers, s’ajoutant aux droits de douane de 3 euros déjà en vigueur depuis l’été.
La mesure s’applique à tous les colis importés hors du territoire douanier communautaire, quelle que soit la valeur marchande des biens commandés. Ce prélèvement est exigible auprès des plateformes de commerce en ligne, des vendeurs et des transporteurs, qui conservent toutefois la liberté de répercuter cette charge financière sur le consommateur final lors du règlement.
Le calcul par catégorie d’articles
Un paquet regroupant vingt casquettes identiques ne génère ainsi qu’un seul frais de 2 euros.
Le mode de calcul de la redevance repose sur la nomenclature combinée européenne, taxant chaque catégorie distincte de produits présente à l’intérieur d’un même colis. Un envoi plus diversifié composé de trois casquettes, quatre t-shirts et deux ceintures atteint un total de 6 euros en raison des trois catégories tarifaires différentes identifiées par les services douaniers.
Ce nouveau montant européen s’ajoute aux droits de douane de 3 euros déjà appliqués depuis le 1er juillet 2026 pour les envois d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros.

Les autorités rappellent que les services douaniers n’adressent jamais de demande directe de paiement aux particuliers, mettant en garde contre les risques d’arnaques en ligne, le Centre Européen des Consommateurs ayant alerté en octobre sur de faux livreurs réclamant des frais supplémentaires.
L’impact sur les importations
En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l’Union européenne, soit plus de 180 chaque seconde, avec une origine chinoise représentant environ 93 % de ces volumes, portés par des plateformes telles que Shein, Temu et AliExpress.
Industriels et commerçants européens dénonçaient de longue date une concurrence déloyale face à cette déferlante de produits chinois achetés sur Internet qui creuse le déficit commercial. Les premiers contrôles douaniers menés à l’échelle européenne ont révélé que plus de 60 % des articles vérifiés présentaient une non-conformité aux normes de l’Union, favorisant le passage de marchandises dangereuses ou contrefaites.
Les volumes ont chuté d’environ 48 % entre juin et août. D’après les données de TVA déclarées pour les petits colis, les taxes mises en place dès le mois de juillet ont déjà provoqué un ralentissement notable des flux. Les visites sur le site de Shein ont baissé de 42 % en juillet, celles de Temu de 36 %, et celles d’AliExpress de 10 %, selon les chiffres présentés par les ministres concernés fin octobre.
Les déclarations ont quant à elles diminué de 60 % entre juillet et septembre par rapport à la même période l’an dernier, d’après Kristian Vanderwaeren.
La refonte du système douanier
Ces frais de traitement s’inscrivent dans une refonte globale du système douanier des Vingt-Sept. Leur montant sera réévalué tous les deux ans pour suivre l’évolution des coûts administratifs et informatiques des vérifications douanières.
À l’horizon du 1er juillet 2028, une nouvelle étape modifiera le cadre réglementaire.
La taxe forfaitaire de 3 euros sur les petits colis disparaîtra pour laisser place à des droits de douane européens classiques, tandis que des frais spécifiques au montant réduit entreront en vigueur pour les colis transitant par des entrepôts spécialisés.