Publié le 2025-11-11 21h06. De nouveaux foyers de grippe aviaire ont été détectés aux Pays-Bas, notamment à Bennekom et Swifterbant, entraînant l’abattage de dizaines de milliers de volailles et la mise en place de mesures de confinement strictes pour les éleveurs.
- De nouveaux foyers de grippe aviaire ont été identifiés, conduisant à des mesures de confinement et à l’abattage préventif de volailles.
- Les éleveurs sont confrontés à des restrictions de déplacement et à des pertes économiques importantes.
- L’origine de l’épidémie est liée à la présence accrue d’oiseaux sauvages porteurs du virus.
L’éleveur Anton van Steenbergen, dont l’exploitation se situe à proximité de Bennekom, a appris la nouvelle avec inquiétude.
« C’est effrayant, oui. Hier soir, j’ai reçu un appel d’un collègue m’informant qu’il y avait une infection plus tard. Ensuite, vous réfléchissez un instant : non, c’est vrai. »
Anton van Steenbergen, éleveur de volailles
Son exploitation est désormais soumise à une zone de protection de 3 kilomètres, interdisant tout transport de volailles et de fumier pendant trente jours.
M. van Steenbergen se souvient d’une épidémie similaire il y a plus de vingt ans dans la vallée de Gelderse, où il avait également dû abattre l’ensemble de son élevage. Il s’apprête à cesser son activité avicole le mois prochain, profitant d’un programme d’achat mis en place par les autorités. Il souligne que cette situation est particulièrement difficile pour ses collègues de la région.
Selon Kees de Jong, président du département d’élevage de volailles de LTO Pays-Bas, le nombre de foyers de grippe aviaire est déjà plus élevé cette année que l’année précédente. Le confinement, initialement en vigueur du 20 novembre 2024 au juillet 2025, a été levé, mais de nouvelles infections sont apparues depuis l’entrée en vigueur de nouvelles mesures le 16 octobre 2024.
M. de Jong explique que le virus de la grippe aviaire est extrêmement résilient et peut se propager via de minuscules particules telles que la poussière, les plumes et la saleté.
« Même si personne n’entre dans l’écurie, n’importe quoi peut souffler dans une écurie. »
Kees de Jong, président du département d’élevage de volailles de LTO Pays-Bas
Thijs Kuiken, professeur de pathologie comparée au Centre médical Erasmus, confirme cette difficulté à garantir l’étanchéité des exploitations. Il souligne que même de petites fissures ou fuites peuvent permettre au virus de pénétrer. Il met également en évidence le rôle des oiseaux sauvages, notamment les canards, les oies et les cygnes, dans la propagation du virus, en particulier dans les zones humides.
M. Kuiken estime qu’il s’agit cette fois d’une nouvelle variante du virus, mais il est encore trop tôt pour évaluer son impact sur l’évolution de l’épidémie.
Pour limiter la propagation du virus, M. van Steenbergen a mis en place des mesures de sécurité strictes autour de son exploitation, notamment des rubans de délimitation et un protocole de désinfection pour toute personne entrant dans les écuries. Il dispose également d’un distributeur d’œufs en bord de route, mais les ventes sont actuellement suspendues.
Une inspectrice de la NVWA (Autorité néerlandaise de la sécurité alimentaire et des produits de consommation) a effectué un contrôle sur l’exploitation de Bennekom pour vérifier le respect des mesures sanitaires et s’assurer qu’aucun foyer supplémentaire n’est présent.
Au total, 87 élevages de volailles se trouvent dans un rayon de 10 kilomètres autour de l’exploitation infectée de Bennekom et sont soumis à l’interdiction de transport.
Un projet pilote de vaccination contre la grippe aviaire est en cours dans une exploitation avicole depuis mars. Selon le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, de la Sécurité alimentaire et de la Nature, les premiers résultats sont encourageants et les œufs pondus par les poules vaccinées sont actuellement vendus aux Pays-Bas.
Cependant, le ministère précise que la mise sur le marché du vaccin est soumise à des conditions strictes fixées par la réglementation européenne et qu’il n’est pas possible d’accélérer le processus tant qu’un programme officiel de vaccination n’est pas mis en place.
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