Home AffairesGustavo Petro a demandé à rencontrer le Bureau du Contrôleur pour parler d’Ecopetrol: il a dit ce qui sera examiné avant une éventuelle vente

Gustavo Petro a demandé à rencontrer le Bureau du Contrôleur pour parler d’Ecopetrol: il a dit ce qui sera examiné avant une éventuelle vente

by Amélie Bernard

Publié le 28 octobre 2025 20:49:00. La compagnie pétrolière colombienne Ecopetrol fait l’objet d’un examen minutieux concernant une éventuelle vente de ses actifs dans le bassin du Permien aux États-Unis, suscitant des réactions politiques et des interrogations sur l’avenir de l’entreprise.

  • Le Bureau du Contrôleur général de la République a demandé à Ecopetrol de fournir des informations détaillées sur les implications financières, juridiques et stratégiques d’un tel désinvestissement.
  • Le président Gustavo Petro a invité le Bureau du Contrôleur à une réunion technique avec le gouvernement et les dirigeants d’Ecopetrol pour examiner les données pertinentes.
  • Des critiques s’élèvent, notamment de la part de l’opposition, qui craignent que cette vente ne marque le début d’un démantèlement de l’entreprise publique.

L’examen de la possible cession des actifs d’Ecopetrol dans le bassin du Permien, qui représentent près de 15 % de la production totale de l’entreprise, a été initié par le Bureau du Contrôleur général de la République dans le cadre de son audit de conformité 2024-2025. L’entité de contrôle a officiellement sollicité des informations techniques, financières et juridiques auprès d’Ecopetrol afin d’évaluer les conséquences d’une telle opération.

Le président Gustavo Petro a réagi à cette demande via son compte X, proposant une rencontre entre le Bureau du Contrôleur, le gouvernement et les représentants d’Ecopetrol. Il a déclaré :

« J’invite le Bureau du Contrôleur à une réunion technique avec le gouvernement et les délégués d’Ecopetrol et du conseil d’administration d’Ecopetrol pour examiner les données des bureaux de contrôle américains. »

Gustavo Petro, président de la Colombie

Cette initiative a immédiatement suscité des réactions. Humberto Amín, conseiller municipal de Bogotá, membre du Centre Démocratique, a exprimé ses inquiétudes, prédisant des difficultés pour Ecopetrol si l’entreprise restait sous la direction du gouvernement Petro. Il a qualifié la situation de

« Chronique sur la façon de mettre fin à l’entreprise la plus importante et la plus rentable du pays »,

Humberto Amín, conseiller municipal de Bogotá

dont l’auteur serait, selon lui, Gustavo Petro, établissant un parallèle avec la situation vécue par le Venezuela.

Le politologue Gonzalo de Francisco, directeur exécutif du groupe Newlink, a rappelé que le Bureau du Contrôleur financier a le droit de demander officiellement des informations et qu’Ecopetrol a l’obligation de les fournir. Il a souligné :

« S’ils souhaitent ensuite une audition avec le Bureau du Contrôleur pour expliquer ce qu’ils ont envoyé, cela a du sens. C’est quelque chose qui peut sûrement être fait. Mais cela ne change rien à l’obligation de répondre officiellement. »

Gonzalo de Francisco, politologue et directeur exécutif du groupe Newlink

Il a également rappelé au président Petro que

« Président, cela s’appelle l’État de droit social. »

La demande du Bureau du Contrôleur financier est précise et comprend les éléments suivants :

  • Soumission d’un rapport technique, financier et juridique justifiant une éventuelle cession de l’actif du Permien, incluant une analyse d’impact fiscal.
  • Fourniture du procès-verbal du Conseil d’administration où la proposition de vente a été discutée, avec preuve du respect des statuts de l’entreprise et de l’article 23 de la loi 222 de 1995.
  • Présentation d’une évaluation des risques de réputation, financiers et fiscaux liés à la décision, ainsi que des mesures d’atténuation.
  • Indication et justification de l’impact stratégique et financier de la vente de la participation dans le Permien.
  • Précision que l’actif du Permien représente environ 15 % de la production totale d’Ecopetrol et 14 % de l’Ebitda du segment en amont, étant l’un des actifs les plus rentables de l’entreprise. Sa cession pourrait entraîner une baisse significative de la valeur de l’action, pouvant atteindre 30 %, et affecter la viabilité financière de la société.
  • Certification que la décision est prise dans l’intérêt de la société, conformément aux principes de gouvernance d’entreprise et à la réglementation en vigueur.

Le Bureau du Contrôleur financier a averti qu’en cas de non-respect de cette demande, des sanctions pourraient être appliquées conformément à la loi 42 de 1993, articles 99, 100 et 101, ainsi qu’au chapitre III du titre II de la loi 1437 du Code de procédure administrative et du contentieux administratif de 2011 et à la loi 1474 de 2011, article 114.

Ecopetrol est tenue de fournir les informations demandées dans les 24 heures suivant la réception de la communication, par voie électronique à l’adresse [email protected], avec copie à [email protected], responsable du processus au sein d’Ecopetrol SA. La réponse devra également confirmer que les informations fournies sont basées sur des documents sources originaux.

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