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Hunt Oil Perú : « Nous travaillons déjà sur la possibilité de construire un troisième quai de chargement pour camions » | Dirigeants du CADE | Cadres CADE 2025 | ÉCONOMIE

by Nicolas Lefèvre

Publié le 6 novembre 2025 à 19h00. Le Pérou, riche en gaz naturel, s’apprête à renforcer son infrastructure de distribution grâce à la construction d’un troisième quai de chargement, un projet clé pour alimenter le nord du pays et le vaste projet Siete Regiones.

  • Hunt Oil Pérou prévoit la construction d’un troisième quai de chargement pour camions afin d’étendre la distribution du gaz naturel liquéfié (GNL).
  • L’investissement pour ce nouveau quai devrait dépasser les 7 à 8 millions de dollars US (environ 6,5 à 7,4 millions d’euros) investis dans le deuxième quai.
  • Le projet Siete Regiones, malgré des obstacles passés, représente un débouché majeur pour cette expansion de l’infrastructure gazière.

Le Pérou dispose d’importantes réserves de gaz naturel, disponibles à des prix compétitifs, mais sa distribution à grande échelle reste un défi. Pour y remédier, Peru LNG, dont Hunt Oil Pérou est l’un des principaux acteurs, envisage de consolider son infrastructure de transport. L’entreprise exploite actuellement deux quais de chargement de camions, capables d’expédier jusqu’à 36 camions de GNL par jour, bien que la demande actuelle ne représente que la moitié de cette capacité. La construction d’un troisième quai est donc en cours d’étude.

Selon María Julia Aybar, directrice générale de Hunt Oil Pérou, une première évaluation a déjà été réalisée et les partenaires sont prêts à lancer une évaluation technique plus approfondie. « Contrairement au deuxième quai de chargement, celui-ci sera plus coûteux car il nécessitera de nouvelles infrastructures, de nouveaux pipelines et un nouvel emplacement », a-t-elle précisé. Le premier quai avait coûté environ 17 millions de dollars US (environ 15,7 millions d’euros).

Ce nouveau quai de chargement devrait principalement desservir le nord du Pérou, grâce à un partenariat avec Cálidda, concessionnaire de gaz naturel dans cette région. L’objectif est également de soutenir le projet Siete Regiones, un ambitieux programme visant à étendre l’accès au gaz naturel à sept régions du pays. Dans certaines zones, comme Ayacucho, le gaz sera acheminé via des connexions aux gazoducs existants, tandis que dans d’autres, le transport se fera par camions.

Le projet Siete Regiones a connu des difficultés par le passé, avec deux appels d’offres infructueux. « La raison de ces échecs résidait dans l’absence d’une demande suffisante pour justifier un investissement de cette envergure », explique María Julia Aybar. Cálidda propose désormais un investissement en tirant parti des synergies avec ses activités dans la concession de Lima.

Peru LNG ne se limite pas à l’expansion de son infrastructure. L’entreprise cherche également à stimuler la demande de GNL, notamment auprès des industries. « L’idée est de créer cette demande afin que, à terme, la construction de gazoducs puisse être financée par la demande elle-même », explique la directrice générale. L’usine de Pampa Melchorita, qui permet de valoriser les ressources gazeuses péruviennes, joue un rôle central dans cette stratégie.

Hunt Oil Pérou et le consortium Camisea envisagent également de relancer l’exploration gazière, notamment dans le sud du Pérou. Ils ont récemment sollicité PeruPetro pour une convention d’évaluation technique (CET) concernant les zones entourant Camisea. Le gouvernement péruvien s’intéresse également au potentiel de la région de Candamo (Puno-Mère de Dios), bien que celle-ci soit une zone protégée. « Il a été démontré que les activités liées aux hydrocarbures peuvent être compatibles avec la protection de l’environnement, comme c’est le cas à Camisea et à la raffinerie de Pisco », souligne María Julia Aybar.

Enfin, Hunt Oil Pérou souligne l’importance de relancer l’exploration gazière au Pérou. « Nous avons besoin de retrouver le niveau d’activité que nous avions il y a dix ans, avec au moins 50 contrats d’exploitation », insiste la directrice générale. Le Pérou consomme actuellement plus de 300 000 barils de pétrole par jour, mais ne produit que 40 millions de barils, ce qui implique une dépendance importante aux importations et un coût élevé pour l’État péruvien, qui subventionne indirectement les carburants à hauteur de près de 20 milliards de dollars US (environ 18,5 milliards d’euros).

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