Publié le 24 novembre 2025 14:49:00. Des chercheurs du Cold Spring Harbor Laboratory (CSHL) ont identifié des vulnérabilités potentielles dans deux types de cancers particulièrement agressifs, ouvrant la voie à de nouvelles thérapies ciblées qui pourraient épargner les cellules saines.
- Certains cancers, notamment les carcinomes, ont la capacité de modifier leur identité cellulaire pour échapper aux traitements.
- Des études récentes mettent en lumière des protéines clés qui régulent cette transformation, offrant des cibles thérapeutiques potentielles.
- L’approche privilégiée par les chercheurs vise à développer des traitements hautement spécifiques, minimisant les effets secondaires sur les patients.
Certains cancers se révèlent particulièrement résistants aux traitements conventionnels. C’est le cas notamment des carcinomes, des tumeurs malignes qui présentent une particularité déconcertante : elles sont capables de se métamorphoser, adoptant les caractéristiques de cellules provenant d’autres organes, comme la peau. Ce phénomène de plasticité cellulaire constitue un défi majeur pour les thérapies actuelles. « Les tumeurs sont notoirement plastiques dans leur identité cellulaire », explique le professeur Christopher Vakoc du Cold Spring Harbor Laboratory (CSHL). Certaines peuvent même modifier leur nature pour déjouer les traitements anticancéreux.
Les travaux récents menés par l’équipe du professeur Vakoc apportent de nouvelles perspectives sur deux types de carcinomes particulièrement difficiles à soigner, révélant des faiblesses qui pourraient constituer de véritables cibles thérapeutiques.
Une étude publiée dans la revue Communications Natural identifie une protéine déterminante dans la capacité des cellules cancéreuses du pancréas à conserver leur forme initiale ou à se transformer en cellules similaires à celles de la peau. Parallèlement, une autre recherche, parue dans Cell Reports, a permis de déterminer la structure cristalline d’un groupe de protéines jouant un rôle crucial dans le cancer du poumon à petites cellules.
Cette dernière découverte marque une étape importante pour le laboratoire Vakoc. En 2018, lors de leurs recherches sur le cancer du poumon à petites cellules, les scientifiques s’intéressaient aux facteurs épigénétiques – c’est-à-dire les mécanismes qui régulent l’expression des gènes sans modifier la séquence de l’ADN – responsables de la croissance tumorale. Aujourd’hui, en collaboration avec Leemor Joshua-Tor, directrice de la recherche au CSHL, ils ont identifié des éléments qui pourraient un jour donner naissance à une thérapie épigénétique capable de stopper la progression du cancer.
Ces deux études s’inscrivent dans la continuité des travaux menés par le professeur Vakoc depuis 17 ans. « Notre objectif est d’identifier les principaux régulateurs de l’identité cellulaire », précise-t-il. L’espoir est que ces « maîtres régulateurs » puissent un jour devenir la cible de nouveaux médicaments, à l’instar des thérapies hormonales utilisées avec succès dans le traitement des cancers du sein et de la prostate, autrefois considérés comme incurables. Il reste cependant un long chemin à parcourir.
Si ces recherches aboutissent à la mise au point de nouveaux médicaments, le professeur Vakoc espère qu’ils seront conçus pour cibler spécifiquement les cellules cancéreuses, sans endommager les autres tissus de l’organisme. Cette philosophie se reflète dans les deux dernières études de son laboratoire. Que les chercheurs travaillent sur des modèles murins de cancer du pancréas ou de cancer du poumon, ils n’ont constaté aucune trace de toxicité ou de dommages aux organes vitaux.
« Nous relevons la barre en matière de spécificité lorsqu’il s’agit de nouvelles cibles et de nouveaux traitements contre le cancer. »
Professeur Christopher Vakoc, CSHL
L’objectif n’est pas seulement de développer de nouveaux médicaments, mais aussi d’approfondir notre compréhension de l’identité cellulaire, contribuant ainsi à établir de nouvelles normes de soins plus efficaces.
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