Publié le 7 janvier 2026 19:07:00. Les tensions montent entre les États-Unis et le Danemark au sujet du Groenland, alors que l’administration Trump envisage ouvertement l’acquisition du territoire arctique, allant jusqu’à évoquer des options militaires, suscitant l’inquiétude des alliés et des responsables groenlandais.
- Le Taoiseach irlandais Micheál Martin a réaffirmé que le Groenland fait partie intégrante du Danemark et bénéficie du soutien indéfectible de l’Union européenne.
- Des responsables américains, dont le sénateur Marco Rubio, se préparent à rencontrer des représentants danois pour discuter de cette question épineuse.
- La Maison Blanche n’exclut aucune option, y compris une intervention militaire, ce qui menace de déstabiliser l’alliance de l’OTAN.
La volonté affichée par l’administration Trump d’acquérir le Groenland, une idée déjà évoquée en 2019, a ravivé les inquiétudes internationales. Le territoire, stratégiquement situé dans l’Arctique, est considéré comme essentiel pour la défense américaine et riche en ressources minières, notamment celles qui pourraient réduire la dépendance de Washington à la Chine.
Selon la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, le président Trump « discute activement » de l’achat du Groenland avec le Danemark. « Son équipe examine actuellement à quoi pourrait ressembler un achat potentiel », a-t-elle déclaré, soulignant que l’objectif est de « dissuader l’agression russe et chinoise dans la région arctique ». Interrogée sur la possibilité d’une action militaire contre un membre de l’OTAN, elle a répondu que « toutes les options sont toujours sur la table pour le président Trump ».
Ces déclarations ont provoqué une réaction immédiate de la part des alliés. Le Taoiseach irlandais, Micheál Martin, s’est exprimé à Shanghai, affirmant que « le bon sens doit prévaloir » dans cette affaire. Il a souligné que les États-Unis disposent déjà d’une base militaire au Groenland et que le Premier ministre danois a assuré à la Maison Blanche que tous les problèmes liés à cette base sont ouverts à la discussion. « En termes d’intégrité territoriale, il s’agit d’une question qui relève du Royaume du Danemark et de la population du Groenland », a-t-il ajouté, jugeant peu probable que les États-Unis puissent acquérir l’île.
La ministre irlandaise des Affaires étrangères, Helen McEntee, a été particulièrement ferme : « Le Groenland n’est pas à vendre, le Groenland n’est pas à prendre », a-t-elle déclaré, insistant sur le fait que son avenir doit être décidé par son peuple. Elle a également exprimé son inquiétude face à la situation au Venezuela, soulignant que les lois internationales et les normes doivent être respectées.
Du côté danois, Trine Mach, députée et membre de la commission du Groenland au parlement, a exprimé l’inquiétude grandissante au Danemark et au Groenland face à la rhétorique américaine. « Je pense que nous devons prendre la voix de Donald Trump très au sérieux », a-t-elle déclaré.
La France a également réagi, annonçant qu’elle travaillait avec ses partenaires européens sur un plan de réponse en cas de tentative américaine de s’emparer du Groenland. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré sur France Inter qu’il souhaitait agir « ensemble avec nos partenaires européens ». Il a également indiqué qu’un haut responsable américain avait écarté l’idée d’une opération militaire similaire à celle menée au Venezuela. Opération militaire américaine au Venezuela
Le Groenland, la plus grande île du monde avec une population de 57 000 habitants, n’est pas un membre indépendant de l’OTAN, mais est protégé par l’adhésion du Danemark à l’alliance. L’île abrite un système de défense antimissile balistique américain depuis des décennies. Le sénateur américain Marco Rubio doit rencontrer des responsables danois la semaine prochaine pour tenter d’apaiser les tensions, tandis que le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, espère que cette rencontre permettra de « dissiper certains malentendus ». Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a réaffirmé que l’île n’est pas à vendre et que son avenir appartient à ses habitants.

Reportages supplémentaires AFP, Reuters