Publié le 3 décembre 2025 à 04h20. Une comète interstellaire, 3I/ATLAS, suscite l’intérêt des scientifiques en raison de l’activité volcanique inhabituelle observée à sa surface, révélant potentiellement des similitudes avec les objets lointains de notre propre système solaire.
- Des observations récentes suggèrent la présence de cryovolcans sur la comète 3I/ATLAS.
- Des explosions à la surface de la comète pourraient être liées à l’activité de ces volcans de glace.
- L’étude de cette comète pourrait apporter des éclaircissements sur la composition des objets situés au-delà de Neptune.
Des chercheurs ont détecté des signes d’activité volcanique sur la comète interstellaire 3I/ATLAS, un objet venu d’un autre système stellaire. Les observations, réalisées par l’Observatoire du Montseny en Espagne, ont révélé une série d’explosions à la surface de la comète, interprétées comme l’activité de cryovolcans, ou volcans de glace.
Ces découvertes, basées sur des données collectées lorsque la comète se trouvait à environ 378 millions de kilomètres (235 millions de miles) du Soleil et atteignait son maximum de luminosité, ont été publiées dans une étude préliminaire sur le serveur d’archives arXiv (https://arxiv.org/abs/2511.19112). Les images les plus nettes à ce jour des flux de gaz et de particules de poussière émanant de la comète ont été capturées grâce au télescope Joan Oró, confirmant la présence de ces phénomènes cryovolcaniques.
Selon Josep Trigo-Rodríguez, astronome à l’Institut espagnol des sciences spatiales et auteur de l’étude, cette découverte est surprenante :
« Il est remarquable qu’une comète provenant d’un système planétaire extraterrestre puisse avoir un mélange de matériaux similaires aux corps trouvés à la périphérie du système solaire. »
Josep Trigo-Rodríguez, astronome
Les cryovolcans sont des phénomènes rares, généralement observés sur les corps planétaires riches en glace où la chaleur interne provoque l’éruption de vapeur et de poussière. On en a identifié une dizaine à une vingtaine dans la ceinture au-delà de Neptune.
L’activité cryovolcanique observée sur 3I/ATLAS pourrait être liée à la corrosion du matériau originel scellé à l’intérieur de la comète. Selon les chercheurs, le réchauffement par le Soleil a pu provoquer la sublimation de la glace de dioxyde de carbone, permettant à un liquide oxydant de pénétrer et de réagir avec des éléments métalliques tels que le nickel et les sulfures de fer. Cette théorie a été corroborée par des comparaisons spectroscopiques avec des météorites carbonées primitives collectées par la NASA en Antarctique.
D’autres observations récentes ont permis d’approfondir la connaissance de cette comète interstellaire. Des astronomes utilisant le radiotélescope MeerKAT en Afrique du Sud ont détecté un signal radio indiquant la dégradation des molécules d’eau au sein de l’objet. Le projet Virtual Telescope a également observé l’allongement d’une queue ionique, formée par l’élimination d’électrons des molécules de gaz par le rayonnement ultraviolet du Soleil (https://www.virtualtelescope.eu/2025/11/11/interstellar-comet-3i-atlas-aka-c-2025-n1-atlas-the-ion-tail-is-getting-longer-11-nov-2025/).
De plus, les observations du télescope Webb ont révélé que la comète s’éclaircissait et virait au bleu plus rapidement que d’habitude après son approche du Soleil, changeant de couleur à trois reprises au cours de son voyage à travers le système solaire (https://www.denik.cz/vesmir/mezihvezdny-objekt-kometa-3i-atlas-radiace-modre-zareni.html).
Comète 3I/ATLAS : quelques informations
- Découverte en juillet 2025.
- Troisième objet interstellaire confirmé traversant notre système solaire.
- Composée d’un noyau glacé entouré d’un nuage de gaz et de poussière.
- S’approchera de la Terre dans la seconde moitié de décembre, à une distance de 270 millions de kilomètres.
- Sa taille est estimée entre 440 mètres et 5,6 kilomètres de diamètre.
- Sa vitesse élevée (210 000 kilomètres par heure) l’empêche d’être capturée par la gravité solaire.
Pour aller plus loin
