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« Il y a de l’eau qui coule partout »

Publié le 24 septembre 2025. De nouvelles recherches remettent en question les estimations actuelles de la fonte des glaces du Groenland, suggérant que la quantité d'eau atteignant l'océan pourrait être inférieure à ce que l'on pensait. Ces découvertes…

« Il y a de l’eau qui coule partout »

Publié le 24 septembre 2025. De nouvelles recherches remettent en question les estimations actuelles de la fonte des glaces du Groenland, suggérant que la quantité d’eau atteignant l’océan pourrait être inférieure à ce que l’on pensait. Ces découvertes pourraient avoir des implications importantes pour les prévisions du niveau de la mer.

  • Deux études récentes, publiées dans la revue Nature Communications, mettent en évidence des processus jusqu’alors négligés dans le cycle de la fonte des glaces.
  • Les chercheurs ont constaté qu’une partie significative de l’eau de fonte est réabsorbée par la glace elle-même ou forme des lacs de surface qui ne contribuent pas directement à l’élévation du niveau de la mer.
  • Ces résultats suggèrent que les modèles climatiques actuels pourraient surestimer la contribution de la fonte du Groenland à l’élévation du niveau de la mer d’environ 9 à 15 %.

Des scientifiques affiliés à l’Université Brown ont participé à ces recherches, qui ont été menées sur le terrain dans le sud-ouest du Groenland. L’équipe a mesuré la perte de glace et le débit d’une rivière alimentée par l’eau de fonte, révélant un écart entre les deux. Selon Matthew Cooper, co-auteur de l’étude et spécialiste de l’eau et du climat à l’Université de Californie à Los Angeles, les températures plus froides la nuit jouent un rôle crucial dans ce phénomène. Une partie de l’eau de fonte est « retenue et recongelée dans de la glace nue et poreuse », réduisant ainsi le volume d’eau atteignant l’océan.

Par ailleurs, la formation de lacs de surface, bien qu’accélérant la fonte globale de la calotte glaciaire en assombrissant sa surface, ne contribue pas directement à l’augmentation du niveau de la mer. Selon les estimations de l’équipe, ces processus de « rétention et recongélation » pourraient représenter entre 11 et 17 gigatonnes d’eau par an (soit environ 9 à 15 % du ruissellement annuel modélisé dans cette région).

L’Arctique est une région particulièrement vulnérable au réchauffement climatique, se réchauffant à un rythme bien plus rapide que le reste de la planète. La fonte des glaces, conséquence directe de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre, a des répercussions sur les conditions météorologiques mondiales et contribue à l’élévation du niveau de la mer, menaçant notamment les populations des îles de basse altitude.

Bien que ces nouvelles données puissent sembler légèrement rassurantes, les chercheurs soulignent l’importance de continuer à affiner les modèles climatiques pour mieux comprendre les dynamiques complexes de la fonte des glaces. Des prévisions plus précises sont essentielles pour élaborer des politiques efficaces de lutte contre le changement climatique et protéger les populations vulnérables.

Pour améliorer la précision des modèles, il est crucial que les communautés affectées et les décideurs politiques disposent des informations les plus récentes et les plus fiables. La coopération internationale, comme celle qui a permis de restaurer la couche d’ozone, est essentielle pour relever ce défi. En savoir plus sur les enjeux climatiques.

À long terme, la réduction de la fonte des glaces nécessite une transition massive vers des sources d’énergie propres, telles que l’énergie solaire et éolienne. Les chercheurs, comme Matthew Cooper et ses collègues, poursuivent leurs travaux sur le terrain pour mieux comprendre les processus de fonte dans l’Arctique.

« Nous campons directement dans la zone de fonte, plantons nos tentes, il y a de l’eau qui coule partout. Nous devons nous attacher à des harnais et des cordes [et] délimiter un périmètre sûr du camp. »

Laurence Smith, professeur à l’Université Brown

Comme l’a souligné Jonathan Ryan, également co-auteur de l’étude, ce travail est « très enrichissant ».

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.