Publié le 16 novembre 2025 à 18h06. Le Chili est à la croisée des chemins ce dimanche, avec une élection présidentielle qui oppose une gauche modérée à une droite populiste, sur fond d’inquiétude croissante face à la criminalité et à l’immigration.
- Plus de 15,6 millions de Chiliens sont appelés aux urnes pour choisir le successeur de Gabriel Boric.
- Les sondages placent Jeannette Jara (gauche) et José Antonio Kast (extrême droite) en tête, mais un second tour le 14 décembre semble probable.
- La montée de l’insécurité, avec une augmentation de 140 % des homicides en dix ans, est au cœur des préoccupations des électeurs.
L’élection présidentielle chilienne se déroule dans un climat de tension, marqué par une insécurité grandissante et une polarisation politique accrue. Les bureaux de vote ont ouvert à 8h00 heure locale (16h00 heure colombienne) pour permettre à l’ensemble du corps électoral, soit plus de 15,6 millions de personnes, de se prononcer sur l’avenir du pays. Les résultats sont attendus après la fermeture des bureaux de vote à 18h00 heure locale.
Les deux candidats en tête de course, Jeannette Jara, candidate d’une coalition de centre-gauche, et José Antonio Kast, chef du Parti républicain, incarnent des visions radicalement différentes pour le Chili. Jara se présente comme une candidate de la continuité, cherchant à poursuivre les réformes sociales initiées par Gabriel Boric, tandis que Kast promet une politique de fermeté face à la criminalité et une restriction de l’immigration.
L’augmentation de la criminalité est devenue un sujet central de la campagne. Selon les chiffres du gouvernement, les homicides ont augmenté de 140 % au cours de la dernière décennie, passant d’un taux de 2,5 à 6 pour 100 000 habitants. Parallèlement, le nombre d’enlèvements a bondi de 76 % en 2023, atteignant 868 cas signalés par le parquet.
Cette inquiétude sécuritaire a profité à l’extrême droite, qui propose des mesures radicales telles que des expulsions massives et une répression sévère de la criminalité. Jacqueline Ruz, 56 ans, électrice à Santiago, témoigne de ce sentiment :
« Nous ne sommes absolument pas en sécurité. Nous avons besoin que quelqu’un prenne les choses en main avec fermeté. »
L’élection intervient également dans un contexte de désillusion après les promesses non tenues de Gabriel Boric, notamment en matière de réforme constitutionnelle. La flambée sociale de 2019, qui avait porté Boric au pouvoir, n’a pas abouti à la transformation profonde de la Constitution héritée de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).
Outre la course à la présidence, les Chiliens sont également appelés à renouveler la Chambre des députés et la moitié du Sénat. Johannes Kaiser, du Parti National Libertaire, se positionne également comme un candidat potentiel, souvent comparé au président argentin Javier Milei.
Le président Gabriel Boric a voté tôt ce dimanche dans sa ville natale de Punta Arenas, appelant au respect des différences et à l’unité nationale.
« Au-delà des différences légitimes inhérentes à la démocratie (…) il est bon qu’elles s’expriment avec respect, nous nous unisons pour un avenir commun »
Des bureaux de vote ont également été mis en place à l’étranger pour permettre aux Chiliens expatriés de participer à l’élection. Quelques incidents mineurs ont été signalés, mais sans perturber le déroulement du scrutin.
Le vote est obligatoire pour tous les citoyens chiliens de plus de 18 ans, ce qui devrait entraîner une participation massive et un doublement du nombre d’électeurs par rapport aux élections précédentes.
