Publié le 2024-02-29 10:00:00. Des chercheurs de Barcelone ont identifié la diversité des cellules où le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) peut se cacher, une découverte cruciale pour le développement de traitements visant à éradiquer complètement le virus, et non plus seulement à contrôler son évolution.
- Une étude de l’Institut de Recherche de la Vallée d’Hébron (Vhir) révèle que le VIH se cache dans une grande variété de cellules immunitaires, rendant son éradication plus complexe.
- Les traitements actuels, bien qu’efficaces pour contrôler l’infection, ne parviennent pas à éliminer les réservoirs viraux cachés dans l’organisme.
- La recherche souligne la nécessité de combiner plusieurs médicaments pour réactiver et éliminer efficacement ces réservoirs, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Une équipe de l’Institut de Recherche de la Vallée d’Hébron (Vhir) de Barcelone a réalisé une avancée significative dans la compréhension de la persistance du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) dans l’organisme. Leur étude, publiée dans la revue Communications Nature, met en lumière la complexité des réservoirs viraux et les défis qu’ils posent à la recherche d’un remède.
Si les traitements antirétroviraux actuels permettent de contrôler efficacement le VIH et d’empêcher la progression de l’infection, ils ne parviennent pas à éliminer complètement le virus. Une partie du VIH reste inactive, cachée au sein de certaines cellules du système immunitaire, constituant ainsi des réservoirs viraux.
Ces réservoirs représentent « le principal obstacle » à la guérison définitive de l’infection. Leur réactivation, à l’aide d’agents d’inversion de latence, est une stratégie prometteuse explorée par les chercheurs. L’objectif est de réveiller le virus latent pour qu’il soit ensuite reconnu et éliminé par le système immunitaire.
Pour mener à bien cette étude, les chercheurs ont créé des modèles de tissus à partir d’échantillons d’amygdales, d’intestins et de col de l’utérus humains obtenus lors d’interventions chirurgicales. Ces modèles ont ensuite été infectés par le VIH, reproduisant ainsi les conditions réelles dans lesquelles le virus persiste dans ces tissus.
Les résultats ont révélé que le VIH se cache « dans une grande variété de cellules » selon les tissus. Dans les amygdales, les cellules impliquées sont différentes de celles présentes dans l’intestin, où le réservoir dominant est constitué de cellules mémoire résidant dans les tissus.
« Il existe de nombreux types de cellules qui maintiennent le VIH à l’état latent, et ils sont très différents entre les différents tissus et même au sein d’un même tissu. »
Ana Gallego Cortés, chercheure postdoctorale à Vhir
L’équipe a ensuite testé différents médicaments capables de réactiver la latence virale. L’efficacité de ces médicaments s’est avérée « considérablement » variable en fonction des tissus et des types cellulaires.
« Les différences que nous observons montrent qu’il est nécessaire de combiner plus d’un médicament pour réactiver tous les réservoirs du VIH et éliminer le virus de tous les tissus. »
María José Buzón, responsable de l’étude du groupe Vhir Maladies Infectieuses
En conclusion, les chercheurs soulignent qu’aucun médicament seul ne suffira à éradiquer le VIH. Il est donc impératif de concevoir de nouvelles stratégies thérapeutiques combinées pour guérir l’infection.