Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une nouvelle génération d’implants rétiniens sans fil offre un espoir significatif aux patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) avancée, en leur permettant de retrouver une vision centrale et de lire à nouveau. Des essais cliniques internationaux viennent de confirmer l’efficacité de cette technologie prometteuse.
- Plus de 80 % des participants à l’étude ont constaté une amélioration significative de leur acuité visuelle après l’implantation.
- Le système PRIMA, développé par des chercheurs américains et européens, remplace les photorécepteurs endommagés par un implant miniature qui stimule les cellules rétiniennes restantes.
- L’essai clinique a été mené dans cinq pays européens et a impliqué 38 patients de plus de 60 ans.
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) atrophique avancée, également connue sous le nom d’atrophie géographique (AG), est une cause majeure de perte de vision irréversible chez les personnes âgées, touchant plus de 5 millions de personnes dans le monde. À mesure que la maladie progresse, la vision centrale devient floue en raison de la détérioration des cellules sensibles à la lumière situées dans la macula, la partie centrale de la rétine. Ces cellules, normalement chargées de capter la lumière et de la transformer en signaux électriques transmis au cerveau, sont progressivement détruites.
Le système PRIMA, conçu à l’origine par le professeur Daniel Palanker de l’Université de Stanford, offre une solution innovante. Il s’agit d’un implant sans fil de 2 x 2 mm qui convertit la lumière en impulsions électriques, stimulant ainsi les cellules rétiniennes encore fonctionnelles. Une caméra intégrée à des lunettes spéciales capture les images et les projette sur l’implant à l’aide d’une lumière infrarouge invisible. Les patients peuvent ajuster le zoom et le contraste pour optimiser leur vision.
L’essai clinique international, mené conjointement par le Dr José-Alain Sahel, directeur de l’UPMC Vision Institute (États-Unis), le Dr Daniel Palanker et le Dr Frank Holz de l’Université de Bonn (Allemagne), avec la participation de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (France), a porté sur 38 participants âgés de 60 ans ou plus, répartis dans 17 centres de cinq pays européens : France, Allemagne, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni. Après un suivi de 12 mois, 26 des 32 participants ayant terminé l’étude (81 %) ont présenté une amélioration cliniquement significative de leur acuité visuelle. De plus, 27 participants (84 %) ont déclaré utiliser des aides visuelles à domicile pour lire des chiffres ou des mots.
En moyenne, les participants ont gagné 25 lettres (environ cinq lignes) sur un tableau oculaire standard grâce à l’utilisation de l’appareil, et 81 % d’entre eux ont progressé d’au moins 10 lettres. Un participant a même amélioré sa vision de 59 lettres, soit l’équivalent de 12 lignes. Tous les effets indésirables liés à la procédure se sont résorbés après un an d’utilisation du système.
« C’est la première fois qu’une tentative de restauration de la vision obtient de tels résultats chez un grand nombre de patients. Plus de 80 % des patients étaient capables de lire des lettres et des mots, et certains lisaient même des pages d’un livre. C’est quelque chose que nous n’aurions vraiment pas pu imaginer lorsque nous avons lancé ce projet avec Daniel Palanker, il y a 15 ans. »
José-Alain Sahel, directeur de l’UPMC Vision Institute et auteur principal de l’étude
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