Publié le 16 décembre 2025 à 16h24. La Commission européenne a proposé des ajustements juridiques pour tenter d’obtenir l’accord de la Belgique concernant l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer la reconstruction de l’Ukraine, mais les garanties offertes restent jugées insuffisantes par Bruxelles.
- La Commission européenne assure à la Belgique qu’elle pourrait recevoir jusqu’à 210 milliards d’euros en compensation en cas de poursuites judiciaires ou de représailles de la Russie.
- Elle demande à tous les États membres de l’UE de renoncer à leurs traités bilatéraux d’investissement avec la Russie pour protéger la Belgique.
- Plusieurs pays, dont l’Italie, Malte, la Bulgarie et la Tchéquie, soutiennent la demande belge d’explorer des mécanismes de financement alternatifs pour l’Ukraine.
Les négociations autour de l’utilisation des actifs russes gelés en Europe sont au point mort. La Belgique, particulièrement réticente, craint de devoir rembourser intégralement ces fonds si Moscou conteste leur utilisation. Pour lever les objections belges, la Commission européenne a présenté lundi des modifications à sa proposition initiale, cherchant à offrir des garanties financières et juridiques plus solides.
Selon le dernier texte consulté par POLITICO, la Commission s’engage à ce que la Belgique puisse toucher jusqu’à 210 milliards d’euros (environ 1 500 milliards de francs suisses) si elle était confrontée à des actions en justice ou à des mesures de rétorsion de la part de la Russie. Elle a également insisté sur la condition que l’Ukraine ne reçoive aucun financement avant que les pays de l’UE n’aient fourni des garanties financières couvrant au moins 50 % des sommes versées.
En outre, la Commission a appelé l’ensemble des États membres à mettre fin à leurs accords bilatéraux d’investissement avec la Russie. L’objectif est d’éviter que la Belgique ne se retrouve isolée face à d’éventuelles représailles de Moscou. Cette demande vise à créer un front uni et à partager le risque entre tous les pays de l’Union.
Malgré ces concessions, la Belgique n’a pas donné son accord lors d’une réunion des ambassadeurs de l’UE lundi soir. Quatre diplomates européens ont confirmé à POLITICO que les assurances proposées par la Commission ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes belges.
« Il n’y aura pas d’accord tant que l’EUCO [Conseil européen] ne se sera pas prononcé. »
Diplomate européen (sous couvert d’anonymat)
Outre la Belgique, l’Italie, Malte, la Bulgarie et la Tchéquie soutiennent l’idée d’explorer des solutions de financement alternatives pour l’Ukraine, comme l’émission de dette commune. Cette position témoigne d’une divergence d’opinions au sein de l’UE sur la meilleure façon de soutenir financièrement Kiev.
