Publié le 6 décembre 2025 à 13h03. Des capacités chinoises de sabotage des câbles sous-marins, épine dorsale des communications mondiales, suscitent de vives inquiétudes, selon un récent rapport américain. Cette nouvelle technologie pourrait rendre vulnérable un réseau jusqu’ici considéré comme sécurisé.
- La Chine a breveté des dispositifs capables de couper des câbles sous-marins à des profondeurs allant jusqu’à 4 000 mètres.
- Des navires chinois ont été impliqués dans des dommages à des câbles reliant la Suède à la Lituanie et l’Allemagne à la Finlande.
- Des scénarios militaires chinois envisagent des opérations de coupure de câbles autour de Taïwan.
Un rapport du Comité d’examen de l’économie et de la sécurité des États-Unis (USCC) révèle que des instituts de recherche chinois ont développé et breveté des mécanismes permettant de sectionner les câbles sous-marins, essentiels au fonctionnement d’Internet et à la transmission de données à l’échelle mondiale. Ces réseaux, qui relient les continents, sont jusqu’à présent considérés comme relativement sûrs, mais cette nouvelle capacité pourrait changer la donne.
L’une des innovations les plus préoccupantes est un dispositif « coupe-câble » développé par le China Ship Scientific Research Center (CSSRC). Cet outil est capable de sectionner des câbles blindés, composés d’acier, de caoutchouc et de polymères, à des profondeurs allant jusqu’à 4 000 mètres (environ 13 123 pieds). Selon TechSpot, cette nouvelle approche est plus rapide et moins coûteuse que les méthodes traditionnelles, qui nécessitaient des opérations complexes en surface.
Bien que les objectifs officiels déclarés pour cet outil soient l’exploitation minière des fonds marins et le sauvetage de sous-marins, les experts soulignent son potentiel à double usage. En particulier, dans le contexte de la politique chinoise en matière de contrôle d’Internet, il pourrait servir à des opérations de sabotage secrètes ou à des actions militaires en cas de crise. Le dispositif utilise une meule diamantée de 150 mm de diamètre, capable de tourner jusqu’à 1 600 tours par minute, et est logé dans un boîtier en alliage de titane résistant à une pression d’eau supérieure à 400 atmosphères. La découpe peut être effectuée à distance, par des bras robotisés, depuis des sous-marins autonomes ou habités.
Le rapport américain cite également des incidents récents impliquant des navires appartenant ou exploités par des entités chinoises. Fin 2024, deux câbles reliant la Suède à la Lituanie et l’Allemagne à la Finlande ont été endommagés après qu’un navire chinois ait traîné son ancre sur plus de 160 kilomètres. Les observateurs ont relevé des schémas de navigation irréguliers et l’équipage n’a pas pu être identifié, ce qui a soulevé des soupçons de sabotage délibéré. Les enquêtes européennes ont établi un lien entre ces incidents et une stratégie plus large d’activités en zone grise, des actions hostiles qui ne constituent pas une déclaration de guerre mais qui compromettent la sécurité et procurent un avantage stratégique.
Le rapport souligne également que des planificateurs militaires chinois ont élaboré des scénarios d’opérations de coupure de câbles autour de Taïwan. Des analystes américains ont découvert dans une base de données chinoise des informations sur les stations d’atterrissage des câbles le long de la côte taïwanaise, qui pourraient être des cibles privilégiées en cas de conflit dans le détroit de Taïwan.
Cette évolution met en évidence la vulnérabilité de l’infrastructure essentielle d’Internet. Le dispositif chinois pourrait potentiellement affecter jusqu’à 95 % du trafic de données mondial. Les pays du monde entier surveillent de près cette situation afin d’évaluer l’impact potentiel sur les réseaux de communications mondiaux.
