Publié le 10 octobre 2025 à 10h45. Pékin a interdit à la société d’analyse de semi-conducteurs TechInsights de collaborer avec des entités chinoises, une décision qui pourrait rendre plus opaque l’industrie des puces du pays et relancer les inquiétudes sur l’efficacité des contrôles à l’exportation américains.
- Le ministère chinois du Commerce a désigné TechInsights comme une « entité non fiable », interdisant aux entreprises et individus chinois de partager des informations avec elle.
- Cette mesure intervient après la révélation que les dernières puces d’intelligence artificielle de Huawei contenaient des composants fabriqués en dehors de la Chine continentale.
- Pékin intensifie ses efforts pour construire une chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs autosuffisante, mais les découvertes de TechInsights soulèvent des questions sur les progrès réalisés.
La décision de Pékin, annoncée jeudi par le ministère chinois du Commerce, invoque des préoccupations de sécurité nationale. TechInsights, basée au Canada, est reconnue mondialement pour son expertise dans l’analyse des puces, notamment celles produites en Chine. L’entreprise a été parmi les premières à signaler les avancées technologiques de Huawei Technologies.
Cette interdiction survient moins d’une semaine après que des analyses de TechInsights ont révélé que les puces d’IA « Ascend » de Huawei utilisaient des composants provenant de Samsung Électronique (SSU-FF) et de la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) (2330-TW). Ces deux entreprises sont soumises aux contrôles américains à l’exportation, qui limitent la vente de leurs technologies les plus avancées aux entreprises chinoises.
Huawei est déjà sur la liste noire commerciale américaine depuis 2019, ce qui empêche les fabricants de puces américains de collaborer directement avec elle. Les conclusions de TechInsights sur les puces Ascend de Huawei confirment les observations d’autres sociétés d’analyse, comme Semi-Analyse, qui avait déjà souligné la dépendance de l’entreprise chinoise à la technologie de ces fabricants de mémoires.
En réponse aux restrictions américaines, Pékin et ses entreprises de semi-conducteurs ont accéléré leurs efforts pour développer une chaîne d’approvisionnement autonome. Huawei, en particulier, a cherché à développer des alternatives aux puces de Nvidia. Cependant, les découvertes de TechInsights pourraient être perçues comme un revers pour ces ambitions.
Les détails sur les efforts de fabrication de puces de Huawei restent limités, la plupart des informations provenant d’analyses de sociétés tierces. Des rapports suggèrent une collaboration étroite avec SMIC, la principale fonderie chinoise, bien que les deux entreprises restent discrètes à ce sujet depuis que Huawei a été placé sur la liste noire américaine. L’année dernière, TechInsights avait déjà découvert la présence d’un composant de TSMC dans un produit Huawei, soulevant des questions sur l’efficacité des contrôles à l’exportation.
Des analystes estiment que les entreprises chinoises de puces ont profité des lacunes des restrictions américaines et ont constitué des stocks de puces et de composants avant l’entrée en vigueur de certaines mesures. Les dernières découvertes de TechInsights pourraient alimenter davantage les inquiétudes à ce sujet.
TechInsights n’a pas répondu aux demandes de commentaires de CNBC en dehors des heures de bureau, tandis que Huawei n’a pas immédiatement réagi à ces informations.
