Publié le 1er novembre 2025 15h29. Après des tensions géopolitiques, la Chine a annoncé la reprise partielle des exportations de composants électroniques fabriqués par Nexperia, un fournisseur crucial pour l’industrie automobile européenne, suite à des discussions avec les États-Unis.
- La Chine a levé certaines restrictions sur les exportations de Nexperia, après un accord conclu entre Xi Jinping et Donald Trump.
- Nexperia, basé aux Pays-Bas mais contrôlé par une société chinoise, est au cœur d’un conflit commercial entre Pékin et Amsterdam.
- L’industrie automobile européenne, particulièrement l’Allemagne, exprime un soulagement prudent face à cette annonce, craignant des arrêts de production en cas de pénurie.
La reprise des exportations de Nexperia, un fabricant mondial de composants électroniques, intervient après des pourparlers entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump en Corée du Sud, selon le Wall Street Journal. Pékin a indiqué qu’elle examinerait les demandes d’exemption aux restrictions à l’exportation au cas par cas.
Nexperia, dont le siège social est aux Pays-Bas, a été racheté en 2018 par une entreprise chinoise. Fin septembre, le gouvernement néerlandais a pris le contrôle de facto de l’entreprise, invoquant des préoccupations de sécurité nationale. En représailles, la Chine a interdit la réexportation des produits de Nexperia vers l’Europe, ce qui a rapidement exacerbé les tensions et inquiété les constructeurs automobiles, fortement dépendants des puces de Nexperia pour leurs systèmes électroniques embarqués.
L’Allemagne, première puissance automobile d’Europe avec des groupes majeurs comme Volkswagen, Mercedes et BMW, a accueilli favorablement les signes d’apaisement. Un porte-parole du ministère allemand de l’Économie a déclaré à l’AFP :
« Les dernières nouvelles de Chine constituent des signes initiaux positifs d’un apaisement des tensions. »
Porte-parole du ministère allemand de l’Économie
Toutefois, il a souligné qu’une évaluation complète des implications de l’annonce chinoise était encore en cours.
Des discussions ont également eu lieu entre des représentants chinois et de l’Union européenne à Bruxelles vendredi. Olof Gill, porte-parole de l’UE, a précisé que ces échanges avaient été “une occasion bienvenue pour les deux parties de faire le point sur… l’introduction et la mise en œuvre des contrôles à l’exportation”. Il a ajouté que les discussions avaient porté sur “les contrôles des éléments de terres rares introduits ou proposés par la Chine, ainsi qu’une mise à jour sur les contrôles et les développements du côté de l’UE”, sans mentionner spécifiquement Nexperia.
Selon le quotidien financier allemand Handelsblatt, Nexperia fournit 49 % des composants électroniques utilisés dans l’industrie automobile européenne. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) avait averti le mois dernier que la production serait gravement affectée en cas de pénurie.
« Sans ces puces, les sous-traitants ne peuvent pas construire les pièces détachées et les composants qu’ils fournissent aux constructeurs automobiles, ce qui fait courir le risque d’arrêts de production. »
ACEA
Nexperia fabrique des technologies relativement simples, telles que des diodes, des régulateurs de tension et des transistors, mais ces composants sont essentiels, car les véhicules sont de plus en plus équipés d’électronique sophistiquée. Ces puces sont initialement produites en Europe, puis acheminées en Chine pour une étape de finition avant d’être réexportées vers les clients européens.
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