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La Cour des comptes de l’UE met en garde Bruxelles contre l’augmentation du fardeau de la dette

Publié le 9 octobre 2024 à 04h17. La Cour des comptes européenne tire la sonnette d'alarme sur l'endettement croissant de l'Union européenne, alors que Bruxelles prépare un nouveau cadre financier ambitieux, mais controversé, pour l'avenir. L'endettement de l'UE…

La Cour des comptes de l’UE met en garde Bruxelles contre l’augmentation du fardeau de la dette

Publié le 9 octobre 2024 à 04h17. La Cour des comptes européenne tire la sonnette d’alarme sur l’endettement croissant de l’Union européenne, alors que Bruxelles prépare un nouveau cadre financier ambitieux, mais controversé, pour l’avenir.

  • L’endettement de l’UE pourrait atteindre plus de 900 milliards d’euros d’ici 2027, avec des paiements d’intérêts dépassant les 30 milliards d’euros pour le seul programme de relance post-Covid.
  • La Cour des comptes européenne demande à être associée aux négociations sur le prochain budget de l’UE, afin de garantir la protection des intérêts financiers de l’Union.
  • Bruxelles envisage un budget doublé, financé en partie par de nouvelles taxes européennes, suscitant des résistances, notamment de la part des pays contributeurs.

L’Union européenne fait face à un défi financier majeur. Le poids de la dette communautaire s’alourdit, et la Cour des comptes européenne (CDE) met en garde contre les conséquences potentielles sur la viabilité des futurs budgets. Dans son rapport annuel, le président de la CDE, Tony Murphy, a souligné que les marges de manœuvre de l’UE se réduisent considérablement.

En 2020, pour faire face à la pandémie de Covid-19, relancer l’économie, accélérer la transition énergétique et la numérisation, l’UE avait lancé un fonds de reconstruction de plus de 800 milliards d’euros. Pour la première fois, elle avait eu recours à un endettement massif, une initiative saluée à l’époque comme un pas vers une plus grande intégration européenne. Ce prêt doit être remboursé entre 2028 et 2058.

Aujourd’hui, la CDE constate que le total des obligations de l’UE en cours pourrait dépasser les 900 milliards d’euros d’ici 2027. Les paiements d’intérêts liés au programme de prêts mis en place pendant la pandémie atteignent déjà plus de 30 milliards d’euros pour l’exercice budgétaire actuel, soit plus du double des 14,9 milliards d’euros initialement prévus. Entre 2028 et 2034, ces paiements pourraient même grimper à près de 74 milliards d’euros.

Dans ce contexte, la CDE insiste sur la nécessité pour Bruxelles de prendre en compte l’impact croissant de ces obligations sur les futurs budgets européens et de s’assurer que des ressources suffisantes seront disponibles pour financer les autres programmes de l’UE. Elle réclame également d’être impliquée dans les discussions concernant le nouveau cadre financier à partir de 2028, afin de protéger les « intérêts financiers de l’UE », comme l’a déclaré Tony Murphy.

Parallèlement, la CDE a relevé des irrégularités dans le Fonds Corona (ARF). Sur 28 paiements totalisant 59,9 milliards d’euros versés aux États membres en 2024, six ne respectaient pas les règles applicables. De plus, 19 cas de suspicion de fraude ont été identifiés lors des audits.

Bruxelles prépare actuellement une refonte profonde de son cadre budgétaire. L’objectif est de porter le volume du budget de 800 milliards d’euros à 2 000 milliards d’euros. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté cette proposition comme un « budget adapté à la réalité d’aujourd’hui et aux défis de demain ». Le modèle actuel, qui alloue environ un tiers du budget à l’agriculture, un tiers aux régions les plus pauvres et un tiers au reste, est jugé obsolète face aux enjeux actuels, tels que la course mondiale aux technologies (ordinateurs quantiques, intelligence artificielle) et la lutte contre le changement climatique, sans oublier le remboursement des dettes contractées pendant la pandémie.

Pour financer ce budget ambitieux, la Commission européenne propose de nouvelles « ressources propres », en réalité des impôts communautaires. Parmi les pistes envisagées figurent une taxe sur les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 50 millions d’euros, une taxe sur les déchets électroniques et une contribution prélevée sur les taxes sur le tabac perçues par les États membres. La possibilité de recourir à de nouveaux emprunts est également à l’étude, mais se heurte à une forte opposition, notamment de la part des pays contributeurs comme l’Allemagne.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.