L’économie américaine est confrontée à des défis majeurs, entre une dette publique croissante, une inflation persistante et un marché obligataire fragilisé. L’économiste Michael Pento tire la sonnette d’alarme, prévoyant une possible récession dès le printemps 2025 et dénonçant une gestion budgétaire laxiste.
Dans une récente interview, Michael Pento a critiqué la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), estimant que son objectif d’une inflation de 2 % est devenu contre-productif. « La Fed tente de maintenir artificiellement des bulles spéculatives sur les marchés boursier et immobilier, tout en cherchant à réduire le coût du service de la dette publique », a-t-il déclaré. Il souligne que l’injection massive de liquidités, avec notamment un programme d’achat d’obligations de 5 000 milliards de dollars (environ 5 500 milliards d’euros) après la crise financière, a alimenté les pressions inflationnistes.
Même si l’inflation a diminué, passant d’un pic de 9 % à environ 2 %, Pento met en garde contre une interprétation trop optimiste de ces chiffres, les jugeant potentiellement trompeurs et ne reflétant pas la réalité des pressions inflationnistes sous-jacentes.
L’économiste s’inquiète particulièrement de la liquidité décroissante du marché obligataire américain. L’installation de réversion de la Fed, un outil destiné à stabiliser les marchés, est passée de 2 500 milliards de dollars à seulement 80 milliards de dollars (environ 73 milliards d’euros). Cette situation contribue à la hausse des rendements obligataires à long terme, malgré les tentatives de la Fed de baisser les taux d’intérêt, signalant une méfiance envers la capacité des États-Unis à gérer leur dette.
Pento prévoit que les déficits fédéraux annuels pourraient atteindre 6 000 milliards de dollars (environ 6 600 milliards d’euros) et que les paiements d’intérêts sur la dette américaine dépasseront déjà 1 000 milliards de dollars (environ 1 100 milliards d’euros) par an. Il s’interroge sur la capacité des États-Unis à continuer à emprunter à un rythme aussi soutenu, notamment si les investisseurs étrangers perdaient confiance.
Selon lui, les taux d’intérêt réels négatifs – où l’inflation est supérieure aux taux d’intérêt nominaux – incitent les investisseurs à prendre des risques excessifs, alimentant des bulles spéculatives. Il cite en exemple les acquisitions massives de maisons unifamiliales par des fonds d’investissement comme Blackstone, qui ont contribué à une hausse artificielle des prix de l’immobilier.
Pento anticipe une correction sévère du marché immobilier si les taux hypothécaires atteignent les deux chiffres, même en cas d’intervention de la Fed. Il avertit également que l’inflation pourrait rendre les investissements obligataires traditionnels peu attractifs, entraînant une instabilité accrue des marchés.
Concernant les débats récents sur le plafond de la dette, Pento critique le manque de discipline budgétaire. Il déplore que les dépenses publiques continuent d’augmenter, malgré les mesures d’urgence mises en place, ajoutant plus de 100 milliards de dollars (environ 110 milliards d’euros) aux dépenses.
Il propose une alternative au plafond de la dette actuel : un plafond de la dette fixé en fonction du produit intérieur brut (PIB). Selon lui, ce mécanisme pourrait encourager une gestion budgétaire plus responsable et favoriser la stabilité économique.
En conclusion, Pento recommande aux investisseurs de privilégier les actifs tangibles, tels que les métaux de base et l’énergie, pour se protéger contre l’inflation. Il appelle à un retour à des taux d’intérêt déterminés par le marché, afin de rétablir un équilibre sain dans l’économie.
