Publié le 7 novembre 2024 14h50. Un rapport alarmant du G20, dirigé par le prix Nobel Joseph Stiglitz, dénonce l’urgence des inégalités mondiales et appelle à une action internationale coordonnée. La Confédération syndicale internationale (CSI) se félicite de cette initiative et plaide pour un rééquilibrage du pouvoir économique en faveur des travailleurs.
- Le rapport du G20 pointe du doigt les choix politiques et les déséquilibres de pouvoir comme causes principales des inégalités.
- La CSI réaffirme ses revendications de longue date : renforcement des droits du travail, augmentation des salaires, élargissement de la négociation collective et fiscalité juste.
- Le rapport recommande la création d’un Panel international sur les inégalités (IPI) pour surveiller les disparités et orienter les politiques.
Le Comité extraordinaire d’experts indépendants du G20 sur les inégalités mondiales, sous la direction du lauréat du prix Nobel Joseph Stiglitz, a publié un rapport mettant en évidence la gravité croissante des disparités économiques à l’échelle mondiale. Ce document, qui constitue une étape importante dans la lutte contre les inégalités profondes et systémiques, a été salué par la Confédération syndicale internationale (CSI).
« La CSI soutient fermement cette initiative. Il s’agit d’une étape attendue depuis longtemps vers la lutte contre les inégalités profondes et systémiques qui façonnent l’économie mondiale. »
Luc Triangle, secrétaire général de la CSI
Le rapport souligne que les inégalités ne sont pas le fruit du hasard, mais bien le résultat de décisions politiques délibérées et d’un déséquilibre croissant entre le pouvoir du capital et celui du travail. Il appelle donc à une gouvernance mondiale plus responsable et coordonnée pour inverser cette tendance. Les revendications du mouvement syndical, portées depuis des années, trouvent un écho particulier dans ce document.
Parmi ces revendications figurent le renforcement des droits des travailleurs, une augmentation significative des salaires, l’extension de la couverture de la négociation collective, la mise en place d’une fiscalité juste et progressive, ainsi que la garantie d’une protection sociale universelle et de services publics de qualité. Selon Luc Triangle, ces mesures ne sont pas seulement une question de justice sociale, mais également des éléments essentiels pour construire des économies durables et inclusives.
« Ce ne sont pas seulement des questions de justice, mais des éléments cruciaux d’économies durables et inclusives. Le rapport Stiglitz fournit une feuille de route importante pour l’action. Il reconnaît que la montée des inégalités est le résultat d’un modèle économique mondial qui a privilégié les profits sur les salaires et la spéculation sur la production. »
Luc Triangle, secrétaire général de la CSI
Le rapport dénonce un système économique mondial qui a favorisé la recherche du profit au détriment des salaires et de la production réelle. Les travailleurs, à travers le monde, en subissent les conséquences de l’austérité, de la déréglementation et de l’affaiblissement de la négociation collective. La CSI estime qu’il est temps pour les gouvernements de rééquilibrer le système en faveur de ceux qui créent de la valeur, et non de ceux qui se contentent de l’extraire.
Une des recommandations clés du rapport est la création d’un nouveau Panel international sur les inégalités (IPI), composé de représentants des syndicats, de la société civile et d’experts universitaires. Cet organisme aurait pour mission de surveiller les disparités mondiales, d’évaluer l’impact des politiques macroéconomiques et budgétaires sur la répartition des richesses, et de formuler des recommandations politiques transparentes et responsables.
Ce panel viendrait compléter et renforcer les initiatives multilatérales existantes, notamment les Objectifs de développement durable des Nations Unies et les négociations en cours pour l’élaboration d’une Convention-cadre des Nations Unies en matière fiscale.
« Le G20 a l’opportunité d’institutionnaliser l’équité au cœur de la gouvernance mondiale. La CSI est prête à travailler avec les gouvernements, l’OIT et les institutions internationales pour faire de cette proposition une réalité. La réduction des inégalités est une condition préalable à des économies stables, démocratiques et durables. »
Luc Triangle, secrétaire général de la CSI
La CSI se dit prête à collaborer avec les gouvernements, l’Organisation internationale du travail (OIT) et les institutions internationales pour mettre en œuvre cette proposition et faire de la réduction des inégalités une priorité de la gouvernance mondiale.