Publié le 28 septembre 2025 18h50. L’économie turque est confrontée à une situation inédite, marquée par une inflation persistante et des taux d’intérêt élevés, exacerbés par des manipulations financières présumées de la part de groupes de capitaux influents. Des mesures fiscales ciblées sur les gains de change individuels pourraient être envisagées pour stabiliser la livre turque et encourager l’investissement productif.
- Des groupes de capitaux détiendraient une part significative des dépôts bancaires et des avoirs en devises, leur permettant d’influencer le taux de change et les marchés financiers.
- L’absence de taxation sur les gains de change individuels est pointée du doigt comme un facteur d’instabilité et d’injustice économique.
- Une taxe sur les bénéfices de change individuels, comprise entre 15 % et 40 %, pourrait rétablir la confiance dans la livre turque et freiner la spéculation.
L’économie turque traverse une période difficile, tiraillée entre une inflation galopante et une politique de taux d’intérêt élevés. Cette situation est aggravée par une volatilité du taux de change qui pénalise les entreprises et les consommateurs. Selon des analyses récentes, cette instabilité serait en partie due à des pratiques spéculatives orchestrées par de puissants groupes de capitaux nationaux.
Ces groupes, qui contrôleraient environ 60 % des dépôts bancaires, l’équivalent de 125 milliards de dollars (USD) en comptes de change personnels et 80 milliards de dollars supplémentaires via leurs entreprises et institutions, disposeraient d’une influence considérable sur les marchés. Ils seraient capables de manipuler le taux de change, les taux d’intérêt et le marché boursier, notamment en profitant de périodes de taux d’intérêt bas pour acquérir des devises étrangères via des prêts en livres turques (TL).
Cette stratégie, qualifiée de « transport d’eau » par certains observateurs, alimenterait artificiellement la demande de devises et créerait une volatilité permanente au sein du système financier. Les conséquences seraient lourdes pour la population, avec une baisse du pouvoir d’achat et une incertitude économique accrue. Selon les critiques, la livre turque serait utilisée comme un instrument d’attaque plutôt que comme un outil de production et d’investissement.
Pour remédier à cette situation, des voix s’élèvent pour plaider en faveur d’une taxation des gains de change individuels. L’argument principal est que l’absence de fiscalité sur ces revenus encourage la spéculation et creuse les inégalités. Alors que les industriels et les exportateurs sont soumis à des impôts importants, les particuliers qui tirent profit des fluctuations des taux de change ne paieraient pas d’impôts, ou bénéficieraient de régimes fiscaux avantageux.
Une taxe sur les bénéfices de change individuels, proposée entre 15 % et 40 %, permettrait de rétablir une certaine justice fiscale et de dissuader les comportements spéculatifs. Elle inciterait également les détenteurs de devises à investir dans des actifs productifs, contribuant ainsi à la croissance économique. Cette mesure pourrait également renforcer la confiance dans la livre turque et favoriser sa stabilisation.
Les défenseurs de cette proposition soulignent que l’application de cette taxe ne viserait pas à pénaliser les citoyens qui cherchent à se protéger contre l’inflation, mais plutôt à contrôler les agissements des grands groupes de capitaux qui utilisent la politique monétaire comme un instrument de pression. Ils estiment que cette mesure est conforme au principe constitutionnel d’égalité fiscale.
En outre, une taxation des gains de change pourrait réduire l’attrait du dollar américain et encourager les investisseurs à se tourner vers des instruments financiers libellés en livres turques. Cela permettrait de diminuer la pression sur le taux de change et de créer un environnement plus favorable à la réduction des taux d’intérêt.
Certains experts estiment que l’application de cette taxe pourrait également avoir un impact positif sur le déficit du compte courant et sur les coûts de production industrielle. En stabilisant le taux de change, elle réduirait l’incertitude et encouragerait les investissements à long terme.
Enfin, les autorités affirment disposer des outils nécessaires pour contrôler les flux financiers et s’assurer de l’application de la taxe sur les gains de change. Elles soulignent que les transferts monétaires internationaux et les transactions de change sont déjà surveillés grâce à des mécanismes électroniques et à l’intelligence artificielle.
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