La famille Berghmans, à la tête du groupe Lhoist, a réalisé une vente record de 12 milliards d’euros, devenant ainsi l’une des plus riches de Belgique, selon DHnet et La Libre.be. Ce montant place la fortune de la famille wallonne devant celle de dynasties industrielles et commerciales majeures du pays, telles que les familles derrière AB InBev, Colruyt ou Dieteren.
Le deal historique de 12 milliards
La famille Berghmans a vendu une partie de son empire industriel à Martin Marietta, une entreprise cotée à la Bourse de New York, pour un montant total de 12 milliards d’euros. L’offre, dévoilée lundi, prévoit 7 milliards en espèces et 6,5 milliards en actions, selon La Libre.be. Cette transaction a permis à la famille de devenir le premier actionnaire individuel de Martin Marietta, avec 15 % du capital.

Le prix proposé par Martin Marietta dépasse largement les offres des fonds d’investissement comme CVC et Brookfield, selon le même article. Ces fonds de capital-investissement, habitués aux acquisitions d’actifs industriels massifs, n’ont pas pu s’aligner sur la valorisation proposée par le géant américain des matériaux de construction. “C’est un deal qu’ils ne pouvaient pas refuser. Ce qui est offert est plus élevé que dans leurs plus grands rêves”, a déclaré une source proche de la famille, rapporte La Libre.be.
L’opération marque un tournant stratégique : en acceptant une part importante du paiement en actions, la famille Berghmans ne se contente pas de liquider ses actifs, mais diversifie son patrimoine en prenant une participation majeure dans une société cotée aux États-Unis, spécialisée dans les agrégats et les matériaux lourds.
Un changement d’actionnariat motivé par la succession
Le retrait de la famille Berghmans du capital de Lhoist s’inscrit dans une volonté de préparer la succession d’ici les générations futures. Jean-Pierre Berghmans, âgé de 77 ans, a longtemps été le pilier du groupe, dont aucun de ses enfants ne semble vouloir reprendre la direction, explique La Libre.be.
Les observateurs évoquent le “syndrome des grands managers”, un phénomène où les dirigeants hésitent à céder le contrôle de leur entreprise, craignant qu’elle ne survive sans eux. Cette situation est fréquente dans les grandes entreprises familiales où l’identité du fondateur ou du dirigeant historique est fusionnée avec celle de l’organisation. “Très difficile d’imaginer que leur entreprise va leur survivre”, a souligné une source, selon le même article.
En transférant le contrôle à Martin Marietta, la famille assure la pérennité industrielle de l’outil de production tout en sécurisant un patrimoine financier colossal pour les héritiers, évitant ainsi les tensions potentielles liées à une gestion familiale directe.
L’histoire d’une dynastie industrielle
Le parcours de Jean-Pierre Berghmans est marqué par une ascension spectaculaire. Fils d’Elisabeth Lhoist, dont la famille contrôlait des carrières de chaux, il a rejoint les affaires familiales en 1974, après ses études à l’UCL. Son oncle, Léon-Albert Lhoist, a joué un rôle clé avant de décéder prématurément en 2011, un événement qui a profondément marqué la famille, rapporte La Libre.be.

Depuis, le groupe Lhoist a évolué pour devenir un acteur majeur des matériaux de construction, avec des activités dans plus de 40 pays. Le groupe est mondialement reconnu pour sa production de chaux et de dolomie, des minéraux essentiels non seulement pour le bâtiment, mais aussi pour l’industrie sidérurgique et le traitement environnemental (épuration des fumées et traitement des eaux).
L’intégration au sein de Martin Marietta permet de consolider deux leaders du secteur des matériaux de base. Alors que Lhoist dominait le marché de la chaux, Martin Marietta apporte une force massive sur le marché nord-américain des agrégats, créant ainsi une synergie industrielle d’envergure mondiale.
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