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La lactylation de HNRNPA1 pilotée par le lactate orchestre l’épissage de PKM2 et la reprogrammation glycolytique dans le cancer de la vessie | Journal de recherche expérimentale et clinique sur le cancer

by Thomas Caron

Publié le 22 novembre 2025 à 12h41. Des recherches récentes mettent en lumière le rôle croissant de la lactylation, une modification épigénétique impliquant l’acide lactique, dans la progression de divers cancers, ouvrant de nouvelles perspectives thérapeutiques potentielles.

  • Une modification chimique des protéines, la lactylation, semble favoriser la croissance et la dissémination des cellules cancéreuses.
  • Des études récentes indiquent que la lactylation influence l’activité de protéines clés impliquées dans le métabolisme cellulaire, l’expression des gènes et la réponse immunitaire.
  • La polydatine, un composé naturel, pourrait améliorer l’efficacité de certains traitements anticancéreux en modulant la lactylation.

Le métabolisme des cellules cancéreuses est depuis longtemps reconnu comme distinct de celui des cellules saines. L’effet Warburg, découvert il y a près d’un siècle, décrit la tendance des cellules cancéreuses à privilégier la glycolyse, un processus de production d’énergie moins efficace mais plus rapide, même en présence d’oxygène. Des recherches récentes ont révélé que le lactate, un sous-produit de la glycolyse, ne se contente pas d’être un indicateur de ce métabolisme altéré, mais qu’il joue également un rôle actif dans la progression tumorale grâce à un processus appelé lactylation.

La lactylation consiste en l’ajout d’un groupe lactyle à des protéines, modifiant ainsi leur fonction. Plusieurs études, dont certaines publiées en 2022 et 2023, ont démontré que la lactylation peut influencer l’expression des gènes, la stabilité des protéines et la communication entre les cellules cancéreuses et leur microenvironnement. Par exemple, des travaux publiés dans Nature (https://doi.org/10.1126/sciadv.abe2771) en 2021 ont identifié les enzymes et les substrats protéiques impliqués dans cette voie métabolique. Une étude de 2024, parue dans Cell (https://doi.org/10.1172/JCI187024), a montré que des niveaux élevés de lactylation des protéines favorisent un microenvironnement immunosuppresseur et la résistance aux traitements dans le cancer du pancréas.

Les chercheurs ont également identifié des protéines spécifiques dont l’activité est modulée par la lactylation. HnRNP A1, une protéine impliquée dans le traitement de l’ARN, est un exemple clé. Des études ont montré que la lactylation de HnRNP A1 peut favoriser la croissance tumorale et la métastase, notamment dans le cancer de la vessie et le cancer gastrique. De même, la protéine PKM2, une enzyme clé de la glycolyse, est également affectée par la lactylation, ce qui contribue à la prolifération des cellules cancéreuses (https://doi.org/10.3390/ijms25021057). La compréhension de ces mécanismes moléculaires pourrait permettre de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant la lactylation.

Parallèlement, des recherches explorent le potentiel de composés naturels pour moduler la lactylation et améliorer l’efficacité des traitements anticancéreux. La polydatine, un composé présent dans la renouée du Japon, a montré des effets prometteurs en sensibilisant les cellules cancéreuses à la chimiothérapie et en inhibant la croissance tumorale (https://doi.org/10.1126/sciadv.abe2771). Des études récentes suggèrent que la polydatine pourrait agir en modulant l’axe de régulation du métabolisme du folate et en activant les dommages à l’ADN dans les cellules cancéreuses du côlon.

Les statistiques sur le cancer, prévues pour 2025 (Siegel RL et al., CA Cancer J Clin, 2025;75(1):10-45), soulignent l’urgence de trouver de nouvelles approches thérapeutiques. Les recherches sur la lactylation et son rôle dans la progression du cancer représentent une voie prometteuse pour améliorer le pronostic des patients et développer des traitements plus efficaces. Des études supplémentaires sont nécessaires pour valider ces découvertes et traduire ces connaissances en applications cliniques concrètes.

Les meilleures pratiques actuelles pour le traitement du cancer de la vessie (Compérat E et al., Lancet, 2022;400(10364):1712-21) sont en constante évolution, et l’intégration de la compréhension des mécanismes épigénétiques, tels que la lactylation, pourrait conduire à des thérapies plus personnalisées et plus efficaces.

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