Publié le 17 décembre 2023 02:52:00. Les Républicains ont adopté une règle qui menace l’accès à l’avortement et pourrait augmenter les coûts des soins de santé pour des millions d’Américains, suscitant l’inquiétude des démocrates qui dénoncent une nouvelle attaque contre les droits des femmes.
- Une nouvelle règle adoptée par les Républicains pourrait interdire de facto l’avortement en obligeant les assurances privées à renoncer à la couverture de cet acte médical pour bénéficier de financements fédéraux.
- Le projet de loi ne garantit pas la couverture des prestations essentielles de l’Affordable Care Act (ACA), notamment les soins de maternité et prénatals.
- Les démocrates dénoncent le refus des Républicains de prolonger les crédits d’impôt de l’ACA, qui expirent dans quelques jours, et craignent une augmentation des coûts pour les familles.
Washington – La présidente du Caucus des femmes démocrates, Teresa Leger Fernández, a vivement critiqué l’adoption par les Républicains d’une règle qui, selon elle, restreint l’accès aux soins d’avortement et met en péril la couverture santé de millions d’Américains. Cette décision intervient alors que les crédits d’impôt de l’Affordable Care Act (ACA), une loi emblématique de l’administration Obama, sont sur le point d’expirer.
Selon la législation adoptée, les compagnies d’assurance privées seraient contraintes d’abandonner la couverture des soins d’avortement pour continuer à recevoir des fonds fédéraux. Teresa Leger Fernández dénonce une « interdiction clandestine de l’avortement » qui aurait des conséquences désastreuses pour les femmes, en particulier dans les États où l’accès à l’IVG est déjà limité. Des études citées par la démocrate indiquent qu’une interdiction de l’avortement a été associée à une augmentation significative des décès maternels et infantiles. Une recherche récente révèle ainsi une augmentation de 50 % du taux de septicémie chez les femmes ayant subi une perte de grossesse dans les États où l’avortement est interdit, ainsi que 478 décès infantiles supplémentaires et 59 décès liés à la grossesse.
En outre, le projet de loi républicain ne garantit pas que les régimes d’assurance proposés couvrent les prestations essentielles prévues par l’ACA, telles que les soins de maternité et prénatals. Cela pourrait laisser les futures mères et leurs bébés sans les soins nécessaires à une grossesse saine. Les démocrates soulignent également que le projet de loi favorise les plans de santé d’association (AHP), qui pourraient fixer les primes en fonction de critères discriminatoires tels que le sexe et l’âge, pénalisant ainsi les femmes et les entreprises à forte proportion féminine, comme celles du secteur des soins à domicile et de la petite enfance.
« Trump et les Républicains s’attaquent à nouveau aux soins de santé des femmes. »
Teresa Leger Fernández, Présidente du Caucus des femmes démocrates
Les démocrates rappellent que l’ACA a permis d’élargir l’accès à l’assurance maladie et de garantir la couverture des soins essentiels, notamment les soins de maternité, les dépistages du cancer du col de l’utérus et les mammographies. Avant l’ACA, les personnes souffrant de maladies préexistantes, y compris les femmes en âge de procréer, pouvaient se voir refuser une assurance. Ils accusent les Républicains de vouloir démanteler cette loi et de mettre en danger la santé de millions de femmes, les laissant face à des choix impossibles entre leurs soins de santé et leurs besoins fondamentaux.
Le comité des règles, dominé par les Républicains, a rejeté les amendements proposés par les démocrates, y compris ceux visant à prolonger les crédits d’impôt de l’ACA pour une durée d’un à trois ans. Les démocrates appellent maintenant quatre Républicains à faire preuve de courage et à signer une pétition de décharge pour prolonger ces crédits, qui ont déjà recueilli 214 signatures. La bataille pour la protection des droits des femmes et l’accès aux soins de santé se poursuit donc au Congrès.