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Santé

L’essai Tumaini débute en RDC pour tester des vaccins contre Bundibugyo

L'essai clinique Tumaini a débuté à Bunia, dans l'est de la République démocratique du Congo, pour évaluer des vaccins contre le virus Bundibugyo alors que le pays subit la plus…

L'essai Tumaini débute en RDC pour tester des vaccins contre Bundibugyo

L’essai clinique Tumaini a débuté à Bunia, dans l’est de la République démocratique du Congo, pour évaluer des vaccins contre le virus Bundibugyo alors que le pays subit la plus importante épidémie de ce type jamais enregistrée, avec plus de 9 700 cas confirmés et 4 687 décès au 20 octobre 2026.

Le lancement de l’essai Tumaini à Bunia face à l’ampleur de la crise

Un essai clinique de phase II/III baptisé Tumaini a démarré le vendredi 23 octobre 2026 dans l’est de la République démocratique du Congo, marquant une étape cruciale pour tester des contre-mesures vaccinales.

Financé et soutenu par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), cet essai a vacciné ses premiers participants à Bunia, le chef-lieu de la province de l’Ituri. L’épidémie actuelle d’Ebola a été déclarée le 15 mai 2026.

L’Organisation mondiale de la santé l’a qualifiée d’urgence de santé publique de portée internationale deux jours plus tard, tandis que le CDC Afrique l’a classée comme urgence de sécurité continentale. Les autorités sanitaires congolaises ont recensé 9 704 cas confirmés et 4 687 décès au 20 octobre 2026, ce qui représente un taux de létalité de 48,3 %.

Il n’existe toujours pas de vaccin autorisé contre le virus Bundibugyo et le coût de cette absence se fait sentir chaque jour en RDC, tant en termes de vies perdues que de professionnels de santé qui se rendent au travail sans protection. Tumaini vise à remédier à cette situation. La première vaccination effectuée aujourd’hui marque le lancement d’un essai pivot visant à fournir les données nécessaires pour mettre à la disposition des personnes qui en ont le plus besoin des vaccins sûrs et efficaces.

Dr Richard Hatchett, P.-D.G. de la CEPI

Les vaccins candidats évalués dans le cadre de la plateforme adaptative

L’essai repose sur une plateforme adaptative permettant d’étudier plusieurs vaccins au sein d’une même recherche, en utilisant une approche de vaccination en anneau qui cible les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés. Le premier vaccin évalué est Ervebo, un produit déjà homologué pour la souche Zaïre mais dont la protection croisée contre le virus Bundibugyo doit encore être démontrée.

D’autres produits spécifiques progressent vers l’étude. Deux candidats vaccins conçus pour le Bundibugyo doivent intégrer l’essai à terme : un vaccin à vecteur adénoviral ChAdOx1 développé par l’Université d’Oxford en collaboration avec le Serum Institute of India, et un vaccin à ARN messager développé par le laboratoire américain Moderna.

Cet essai nous aidera à comprendre si l’un des candidats vaccins conçus pour le virus Bundibugyo fonctionne. En attendant, le vaccin Everbo existant (autorisé pour la prévention d’autres formes de maladie à virus Ebola) sera testé.

Dr Richard Hatchett, P.-D.G. de la CEPI

Africa CDC critique les inégalités d’accès aux vaccins

Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a dénoncé le manque d’attention mondiale envers cette crise sanitaire, alors que la souche Bundibugyo s’est étendue au-delà de la RDC pour toucher le Kenya et le Nigeria — ce dernier ayant confirmé le 20 octobre son premier cas depuis 2014 chez une patiente arrivée d’Ouganda.

A health worker wearing personal protective equipment, including goggles, a face mask, a protective suit and gloves
Photo : https://afro.who.int/countries/kenya/news/kenya-confirms-first-imported-bundibugyo-virus-disease-case-who-supports-control-efforts

Africa CDC a déclaré que si la souche Bundibugyo avait frappé des pays occidentaux, les vaccins seraient déjà disponibles. L’organisation pointe un déficit structurel d’investissement dans la recherche consacrée aux maladies affectant en premier lieu les populations africaines.

En l’absence de traitement ou de vaccin homologué, les équipes sur le terrain maintiennent la surveillance communautaire, le suivi rigoureux des contacts et l’isolement des cas.

Africa CDC doit réunir les ministres de la Santé le 28 octobre, mais comment la coordination de la riposte et le financement des opérations seront-ils assurés concrètement face à l’extension de l’épidémie au Nigeria et au Kenya ?

"Si Ebola touchait l'Europe ou les États-Unis, les solutions existeraient", selon Jean Kaseya

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.