Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Le vaccin antigrippal réduirait les risques d’AVC chez les seniors

La vaccination contre la grippe chez les personnes de 65 ans et plus dépasse la simple prévention respiratoire et constitue un bouclier cardiovasculaire majeur, réduisant…

Le vaccin antigrippal réduirait les risques d'AVC chez les seniors

La vaccination contre la grippe chez les personnes de 65 ans et plus dépasse la simple prévention respiratoire et constitue un bouclier cardiovasculaire majeur, réduisant significativement les risques d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux selon des données récentes.

L’hiver approche et avec lui, la question de l’immunisation des seniors revient au premier plan des priorités de santé publique. En France, la couverture vaccinale stagne entre 50 % et 60 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus, un niveau encore loin du seuil de 75 % préconisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pourtant, la grippe ne se limite pas à un simple épisode pulmonaire saisonnier. Elle déclenche une forte inflammation systémique qui fragilise l’organisme tout entier.

Les complications cardiovasculaires de la grippe chez les seniors

À partir de 65 ans, les défenses immunitaires s’affaiblissent naturellement en raison de l’immunosénescence, tandis que les fragilités cardiovasculaires se multiplient. Selon le Dr François Roubille, cardiologue à Montpellier ce seuil correspond à l’âge médian des patients coronariens, c’est-à-dire des personnes présentant déjà des atteintes des artères du cœur. L’infection grippale vient alors aggraver un risque cardiovasculaire préexistant.

Le virus provoque une inflammation intense capable de déstabiliser les plaques d’athérome et de favoriser la formation de caillots sanguins. Les chiffres soulignent la violence de ce choc circulatoire : le risque de faire un accident vasculaire cérébral est multiplié par huit dans les trois jours suivant une infection grippale.

Le vaccin antigrippal réduirait les risques d'AVC chez les seniors
Photo : sciencedirect.com

Au-delà du cœur, ces infections remplissent chaque hiver les services de cardiologie et de gériatrie. L’épidémie 2024-2025 a provoqué 18 000 morts et 90 000 hospitalisations en France, illustrant le lourd tribut payé par les aînés.

Le vaccin comme outil de prévention secondaire et de protection

Face à ces risques, l’immunisation annuelle agit comme un bouclier protecteur. Même si elle ne garantit pas une immunité totale contre la contamination, elle permet à l’organisme de réagir plus rapidement pour éviter les formes graves. Être vacciné ne signifie pas qu’on ne sera jamais infecté. En revanche, cela permet de réduire les formes graves de la maladie et leurs complications, notamment cardiovasculaires, indique le Dr François Roubille, cardiologue à Montpellier.

Les données scientifiques confirment cet effet protecteur. Jean-François Thébaut, vice-président de la Fédération Française des Diabétiques (FFD), rappelle qu’une grande étude publiée dans le JAMA Network Open en 2022 a démontré que l’infection double le risque d’accident cardiovasculaire et que la vaccination réduit nettement ce risque. Pour les patients souffrant de diabète ou de pathologies cardiaques, l’injection doit ainsi être envisagée comme un outil de prévention secondaire au même titre que le suivi glycémique.

Le vaccin antigrippal réduirait les risques d'AVC chez les seniors
Photo : La Provence

En moyenne, en France, ce sont 2 000 vies qui sont sauvées chaque année chez les personnes de 65 ans et plus grâce à la vaccination contre la grippe, selon les données de Vaccination Info Service.

Obstacles organisationnels et persistance des idées reçues

La couverture vaccinale contre la grippe chez les personnes de 65 ans et plus reste perfectible.

Plusieurs freins expliquent ces occasions manquées : le manque de temps, la lassitude face aux rappels annuels, la complexité des parcours de soins ou encore l’absence d’une traçabilité partagée. De surcroît, des idées reçues persistent, comme l’impossibilité de cumuler plusieurs injections simultanément ou l’interdiction de se faire vacciner en cas de simple rhume, deux contre-vérités battues en brèche par le corps médical.

Vers une politique de prévention systémique et coordonnée

Pour transformer l’essai de la sensibilisation en acte concret, les professionnels de santé plaident pour que chaque contact avec un patient devienne une opportunité de vérifier son statut vaccinal. Des initiatives locales voient le jour, à l’instar du projet PREVAX mené par le Gérontopôle Auvergne-Rhône-Alpes, qui mise sur la coordination des acteurs de terrain pour dynamiser les couvertures.

À l’échelon institutionnel, Cyrille Isaac-Sibille, rapporteur d’une mission consacrée à la prévention, insiste sur la nécessité de structurer une politique de prévention primaire globale. Il plaide pour la mise en place d’un carnet vaccinal électronique ergonomique et fiable, associé à des tableaux de bord territoriaux pour identifier les manques et évaluer l’efficacité réelle des campagnes de santé publique.

>

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.