Publié le 18 novembre 2025 01:11:00. Cuba est confrontée à une recrudescence de la dengue et du chikungunya, touchant l’ensemble du territoire, avec une attention particulière portée aux jeunes enfants et aux femmes enceintes.
- Une augmentation de 2,5 % des consultations pour fièvre a été enregistrée sur la semaine 46.
- La fumigation intensive est en cours, mais son déploiement complet est entravé par des difficultés logistiques.
- Les enfants de moins de deux ans présentant de la fièvre doivent être hospitalisés immédiatement, et les femmes enceintes sont admises dès l’apparition de symptômes.
Cuba fait face à une situation épidémiologique préoccupante, marquée par la propagation simultanée de la dengue et du chikungunya. Selon la vice-ministre de la Santé publique, Carilda Peña García, toutes les provinces sont actuellement concernées par une transmission endémique, à l’exception de la municipalité spéciale de l’Île de la Jeunesse, classée en alerte.
Les provinces de Villa Clara, La Havane, Sancti Spíritus, Las Tunas et Artemisa enregistrent les taux d’incidence les plus élevés de cas suspects de dengue. La transmission de la maladie a été confirmée dans 49 zones sanitaires réparties sur 41 municipalités, dans 13 provinces. Le chikungunya, quant à lui, est présent dans presque toutes les municipalités, avec des niveaux de sévérité variables. Les zones les plus à risque, en raison de la circulation conjointe des deux arbovirus, sont La Havane, Matanzas, Cienfuegos et Guantánamo.
La cause principale de cette situation est attribuée à des taux d’infestation “très élevés” par le moustique Aedes aegypti, particulièrement dans les provinces de Pinar del Río, Sancti Spíritus, Camagüey, Santiago de Cuba, La Havane et Villa Clara. Pour contrer cette propagation, une campagne de fumigation intensive (traitement adulticide) est en cours à l’échelle nationale.
Bien que l’objectif soit de couvrir 100 % des zones urbaines en trois semaines, seules Mayabeque, La Havane, Cienfuegos, Ciego de Ávila et Santiago de Cuba ont dépassé les 95 % de leur plan de fumigation au cours de la semaine dernière. La vice-ministre a rappelé que, en période d’épidémie, l’accès des équipes de lutte anti-vectorielle aux domiciles pour effectuer la fumigation est obligatoire, et que le refus de cet accès peut être considéré comme un délit de propagation de l’épidémie. Après la fumigation, il est impératif de laisser la maison fermée pendant 45 minutes pour garantir son efficacité.
Les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la participation communautaire pour éliminer les gîtes larvaires, nettoyer les réservoirs d’eau et permettre la fumigation. Les citoyens peuvent signaler leurs préoccupations ou déposer des plaintes auprès du Service de Lutte Vectorielle de leur polyclinique ou du Département d’Hygiène et d’Épidémiologie de leur commune.
Une attention particulière aux enfants
Le Dr Yamirka Montesino Felipe, responsable du Groupe National de Médecine Pédiatrique Intensive et d’Urgence du Ministère de la Santé Publique, a souligné que tous les enfants de moins de deux ans présentant de la fièvre doivent être hospitalisés immédiatement, conformément aux protocoles établis. Cette mesure vise à assurer une surveillance étroite et un traitement précoce pour éviter les complications chez les plus vulnérables.
Les enfants de moins de trois mois et ceux souffrant de comorbidités (maladies oncologiques, diabète, épilepsie, maladies rénales chroniques) nécessitent une attention encore plus particulière en raison de leur risque accru.
« Lorsque l’enfant commence à avoir de la fièvre et que la famille va immédiatement chercher une assistance médicale, nous parvenons à atteindre le patient malade à temps et à éviter les complications. »
Dr Yamirka Montesino Felipe, responsable du Groupe National de Médecine Pédiatrique Intensive et d’Urgence du Ministère de la Santé Publique
La fièvre chez les enfants est souvent persistante et peut durer entre 48 et 72 heures, accompagnée de lésions cutanées et de douleurs.
Hospitalisation immédiate pour les femmes enceintes
La docteure Diana Couto Núñez, présidente de la Société cubaine de gynécologie et d’obstétrique et spécialiste du Minsap, a annoncé que les femmes enceintes présentant un syndrome fébrile sont immédiatement admises à l’hôpital. Cette mesure s’inscrit dans un protocole visant à protéger ce groupe vulnérable pendant les épidémies d’arbovirus.
« On ne peut pas poser de diagnostic à la maison. C’est à l’hôpital de le faire. »
Doctoresse Diana Couto Núñez, présidente de la Société cubaine de gynécologie et d’obstétrique
Le système de santé reçoit quotidiennement des rapports de morbidité de toutes les provinces pour suivre ces cas. Les femmes enceintes souffrant de comorbidités, telles que l’hypertension ou le diabète, sont particulièrement encouragées à consulter un médecin dès l’apparition des premiers symptômes.
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