Publié le 12 décembre 2025 à 02h10. Une étude clinique majeure révèle que la protonthérapie offre un avantage significatif en termes de survie et réduit les effets secondaires chez les patients atteints de cancers de l’oropharynx, ouvrant la voie à une nouvelle norme de traitement.
- La protonthérapie améliore la survie à cinq ans des patients atteints de cancers de l’oropharynx de stade III ou IV, avec un taux de 90,9 % contre 81 % pour la radiothérapie traditionnelle.
- Les patients traités par protonthérapie présentent moins de difficultés à avaler, une moindre dépendance à la sonde d’alimentation, une sécheresse buccale réduite et une diminution des risques de lymphopénie sévère.
- Cette étude de phase III, la plus vaste en son genre, confirme l’efficacité de la protonthérapie et souligne la nécessité d’identifier les patients qui pourraient en bénéficier le plus.
Les cancers de l’oropharynx, une forme de cancer de la tête et du cou, sont particulièrement bien adaptés à la protonthérapie en raison de leur proximité avec des organes et des tissus sains. Cette technique de radiothérapie de pointe permet de cibler plus précisément la tumeur, minimisant ainsi les dommages aux tissus environnants. L’étude, publiée dans la prestigieuse revue The Lancet, a été menée par des chercheurs du MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas.
Selon le Dr Steven Frank, directeur exécutif de la technologie et de l’innovation et chef adjoint de la division des programmes stratégiques de radio-oncologie, ces résultats sont une avancée majeure.
« Il s’agit d’une preuve importante, de premier niveau, que la protonthérapie présente à la fois un bénéfice en matière de survie et une amélioration de la qualité de vie de ces patients et devrait constituer la norme de soins pour les cas avancés de cancer de l’oropharynx. »
Steven Frank, MD, directeur exécutif de la technologie et de l’innovation et chef adjoint de la division des programmes stratégiques de radio-oncologie
Il ajoute que ces données pourraient faciliter l’accès à cette thérapie pour les patients qui en tireraient le plus grand profit.
L’étude a comparé les résultats de 440 patients atteints d’un cancer de l’oropharynx de stade III ou IV, répartis sur 21 sites aux États-Unis. Les patients ont été répartis aléatoirement pour recevoir soit une protonthérapie à modulation d’intensité (IMPT), soit une radiothérapie à intensité modulée (IMRT). Les résultats montrent que, si le taux de survie sans progression à trois ans était similaire dans les deux groupes (82,5 % pour la protonthérapie et 83 % pour la radiothérapie traditionnelle), la protonthérapie a démontré un avantage significatif à cinq ans, avec un taux de survie sans progression de 81,3 % contre 76,2 % pour la radiothérapie.
La protonthérapie se distingue de la radiothérapie traditionnelle par sa capacité à délivrer une dose de rayonnement plus précise. La radiothérapie classique, utilisant des photons, traverse l’ensemble du corps, irradiant les tissus sains situés sur le trajet du faisceau. La protonthérapie, en revanche, libère son énergie directement dans la tumeur, réduisant ainsi l’exposition aux radiations des tissus sains et limitant les effets secondaires.
Les chercheurs soulignent que la protonthérapie et la radiothérapie traditionnelle restent toutes deux des options de traitement efficaces. Cependant, les résultats de cette étude suggèrent que la protonthérapie pourrait offrir des avantages supplémentaires en termes de survie et de qualité de vie pour les patients atteints de cancers de l’oropharynx. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer quels patients sont les plus susceptibles de bénéficier de cette thérapie.
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