Home SantéLa raison pour laquelle « manger moins et bouger plus » ne suffit plus pour perdre du poids, selon les nutritionnistes

La raison pour laquelle « manger moins et bouger plus » ne suffit plus pour perdre du poids, selon les nutritionnistes

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. L’approche traditionnelle « manger moins et bouger plus » pour perdre du poids est remise en question par les spécialistes, qui soulignent la complexité de l’obésité et l’importance de considérer des facteurs biologiques, génétiques et psychologiques.

  • Les experts estiment que l’obésité est une maladie chronique complexe, et non un simple problème de volonté.
  • Le corps humain s’adapte aux restrictions alimentaires et à l’activité physique, ce qui peut limiter leur efficacité à long terme.
  • La qualité nutritionnelle des aliments et la prise en compte des facteurs individuels sont essentielles pour une approche plus durable et efficace.

Pendant des années, la formule toute simple « manger moins et bouger plus » a été présentée comme la solution universelle pour perdre du poids. Pourtant, cette approche, répétée à l’envi, masque une réalité bien plus complexe, avertissent aujourd’hui les spécialistes. Malgré sa popularité, les taux d’obésité continuent d’augmenter à l’échelle mondiale, remettant en question l’efficacité de cette méthode et soulignant la nécessité d’explorer d’autres pistes.

L’endocrinologue Elisabeth van Rossum, du Centre médical universitaire Erasmus de Rotterdam, est l’une de celles qui critiquent cette vision simpliste.

« Si c’était aussi simple, il n’y aurait pas d’épidémie d’obésité. »

Elisabeth van Rossum, endocrinologue

Elle rappelle que l’obésité est une maladie chronique complexe, et non un simple manque de volonté.

Cette opinion est partagée par les auteurs du guide canadien L’obésité chez l’adulte : un guide de pratique clinique et par les experts de Harvard Health. Ils soulignent que le corps humain réagit aux restrictions alimentaires et à l’augmentation de l’activité physique par des adaptations métaboliques et hormonales. De plus, le surpoids est souvent lié à des facteurs génétiques, environnementaux et psychologiques.

Face à ces constats, de plus en plus d’experts considèrent l’approche classique comme insuffisante, voire contre-productive. Cela ouvre la voie à un débat nécessaire sur la manière d’aborder la santé et le bien-être de manière plus globale.

La nutritionniste Mélissa Mitri insiste sur l’importance de la qualité nutritionnelle des aliments.

« Manger moins et bouger plus est une approche simpliste pour perdre du poids qui n’offre aucune véritable orientation. »

Mélissa Mitri, nutritionniste

Elle explique que le problème ne réside pas uniquement dans la quantité de calories consommées, mais aussi dans leur qualité. Les produits ultra-transformés, par exemple, augmentent la faim et rendent difficile le contrôle de l’appétit, tandis que les aliments entiers et riches en nutriments favorisent la satiété.

Selon Mitri, en privilégiant les aliments de qualité et en augmentant la consommation de légumes et d’aliments frais, certains participants ont réussi à réduire leur apport calorique quotidien d’environ 500 calories sans avoir à restreindre sévèrement les portions ni à se sentir privés. L’essentiel est de privilégier les aliments qui favorisent la satiété et le bien-être général, plutôt que de simplement compter les calories.

Harvard Health et Mitri mettent en garde contre les effets psychologiques négatifs d’une restriction calorique prolongée. Pour beaucoup,

« manger moins » provoque des sentiments de privation et d’échec

, ce qui augmente le risque d’abandonner le régime ou de succomber à des épisodes de boulimie.

En ce qui concerne l’activité physique, The Independent souligne que « bouger plus » ne garantit pas non plus des résultats universels. Le corps peut compenser la dépense énergétique en réduisant le métabolisme jusqu’à 28 %, ce qui rend difficile la traduction d’un effort physique en une perte de poids significative. Ce phénomène, appelé compensation métabolique, explique pourquoi de nombreuses personnes voient leurs progrès stagner malgré une activité physique accrue. L’exercice peut également augmenter l’appétit et entraîner une diminution de l’activité quotidienne en raison de la fatigue ou de l’inconfort.

La nutritionniste Lisa R. Young souligne que 90 % des régimes échouent parce qu’ils ne tiennent pas compte des micronutriments et de l’équilibre nécessaire à l’organisme.

Les experts cités par The Independent et les études du Centre Kaiser Permanente pour la recherche en santé recommandent d’adopter des habitudes durables et saines. Ils suggèrent de privilégier les aliments entiers et nutritifs, de dormir entre sept et neuf heures par nuit, de rester bien hydraté et de gérer le stress émotionnel. Ils encouragent également à célébrer les petites réalisations sans recourir à la nourriture comme récompense et à rechercher diverses sources de motivation, comme le soutien social ou le suivi des progrès personnels.

Comme le souligne The Independent, la perte de poids est un processus individuel, influencé par de multiples facteurs, qui nécessite d’adapter les stratégies aux circonstances et aux besoins de chaque personne. Il n’existe pas de formule universelle et il est essentiel d’abandonner les solutions simplistes pour obtenir des résultats durables et une meilleure qualité de vie. Découvrez 9 façons naturelles d’accélérer votre métabolisme.

Comprendre l’impact de l’obésité sur la santé cardiaque et 7 stratégies de prévention.

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