Romain Bardet, l’ancien grimpeur de renom, s’apprête à relever un nouveau défi : ses premiers championnats du monde de gravel, dimanche 12 octobre à Maastricht (Pays-Bas). Après avoir surpronné en remportant deux étapes de Coupe du monde dans cette discipline, l’Auvergnat se dévoile dans une quête de plaisir et d’équilibre après sa retraite du cyclisme sur route.
L’ancien coureur, qui fêtera ses 35 ans en novembre, explique dans le mini-documentaire “A quiet shift” sa transition vers le gravel, une discipline qu’il a intégrée à son entraînement depuis quatre ans. « J’ai toujours aimé le VTT, mais la position était trop différente de celle de la route », confie-t-il. « Avant d’être une reconversion, le gravel a été un bol d’air frais sur mes dernières années de professionnel. »
Bardet ne se fixe pas d’objectifs irréalistes pour ces championnats du monde. « Je ne suis pas là pour aller chercher l’arc-en-ciel à tout prix », assure-t-il. « Après, quand j’ai un dossard sur le dos, j’aime toujours faire du mieux possible. » Il aurait toutefois préféré que l’épreuve se déroule à Nice, où il a achevé son dernier Tour de France et où il s’entraînait régulièrement. « Le parcours était plus à mon avantage », reconnaît-il, tout en soulignant l’importance du soutien de son équipe, PicNic-DSM.
Sa décision de se retirer de la route en juin et de se lancer dans le gravel est motivée par une volonté de retrouver du plaisir. « En vérité, on gagne assez peu souvent en vélo, donc j’ai appris à trouver des réjouissances, des motivations ailleurs que dans la victoire », explique-t-il. « En gravel, je ne suis pas là pour me construire un palmarès mais pour partager des moments avec des gens que j’aime sur des épreuves sympas, à taille humaine, tout en profitant de ma forme. »
Cette philosophie s’est déjà manifestée lors des championnats de France, où il a terminé deuxième, tout en applaudissant la victoire d’Hugo Dréchou. « Avec Hugo, on a fait la course jusqu’au bout mais je lui avais dit que je ne disputerai pas le sprint », révèle-t-il. « On s’était bien tiré la bourre. Hugo fait du gravel depuis des années, il est investi. Je trouve cela bien que ce soit lui qui soit couronné champion de France. »
Ce qui séduit particulièrement Bardet dans le gravel, c’est la liberté qu’il offre. « Le gravel évite de planifier, puisqu’on passe partout. C’est une sensation de liberté », affirme-t-il. Il apprécie également la possibilité de varier les terrains et de retrouver une certaine forme d’anonymat. « Je roule selon mon humeur du jour. Je ne m’impose plus de séance, parce que je n’ai plus envie. »
Bardet observe également la professionnalisation rapide de la discipline, avec des vitesses moyennes parfois proches de 40 km/h. « Ça va très vite en gravel, j’ai été étonné ! », s’exclame-t-il. Il reste cependant optimiste quant à l’avenir du gravel, espérant qu’il conservera son caractère unique et sa dimension conviviale. « Si des équipes se structurent, ça deviendra un circuit secondaire de la route et ça perdra de son essence. »
Au-delà du sport, Romain Bardet semble avoir trouvé un nouvel équilibre. « Je réponds toujours à mon besoin de faire du sport, de m’éclater sur un vélo, sans avoir toutes les contraintes accessoires qui, sur mes dernières années, étaient devenues plus pesantes », conclut-il.
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