Home SantéLa restriction alimentaire reprogramme les cellules immunitaires anticancéreuses pour renforcer l’immunité anti-tumorale

La restriction alimentaire reprogramme les cellules immunitaires anticancéreuses pour renforcer l’immunité anti-tumorale

by Sophie Martin

Publié le 9 décembre 2025 17h50. Une nouvelle étude de l’Institut Van Andel révèle que réduire l’apport calorique peut renforcer l’efficacité des cellules immunitaires dans la lutte contre le cancer, ouvrant la voie à des stratégies nutritionnelles complémentaires aux immunothérapies.

  • Une restriction calorique modérée favorise la production de cétones, un carburant utilisé par les cellules T pour attaquer les tumeurs.
  • Les cétones aident également à prévenir l’épuisement des cellules T, prolongeant leur capacité à combattre le cancer.
  • Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer comment optimiser ces approches nutritionnelles et les adapter aux besoins individuels des patients.

Des scientifiques de l’Institut Van Andel (VAI) ont découvert que limiter l’apport calorique peut améliorer la capacité des cellules immunitaires à combattre le cancer. Cette recherche, publiée dans la revue Nature Metabolism, suggère que des ajustements alimentaires pourraient renforcer l’efficacité des immunothérapies anticancéreuses, une approche de traitement de plus en plus utilisée.

L’étude, menée sur des modèles murins, a examiné l’impact d’un régime faible en graisses et riche en protéines, avec une réduction de 30 à 50 % (de l’apport calorique habituel). Les résultats indiquent que cette restriction favorise la production de cétones, des molécules produites par le foie lorsque l’organisme utilise les graisses comme source d’énergie principale. Les cellules T, des acteurs clés du système immunitaire, utilisent ces cétones pour alimenter leur activité antitumorale.

« De plus en plus de preuves suggèrent que les restrictions alimentaires ont des effets anticancéreux, mais le « pourquoi et le comment » ne sont pas bien compris. Notre nouvelle étude révèle une façon dont cette relation peut fonctionner : en fournissant aux cellules T, les soldats du système immunitaire, avec le bon mélange de nutriments pour combattre plus efficacement le cancer. Des recherches supplémentaires sont nécessaires, mais nous espérons que ces informations pourront éclairer les directives alimentaires fondées sur des preuves pour améliorer l’efficacité des traitements contre le cancer à base immunitaire. »

Russell Jones, Ph.D., président du département de métabolisme et de programmation nutritionnelle de VAI et auteur correspondant de l’étude

Des recherches antérieures menées par l’équipe du Dr. Jones avaient déjà montré que les lymphocytes T, un type de cellule T, préféraient souvent les cétones au glucose, le sucre étant la principale source d’énergie pour de nombreuses cellules. Les cétones semblent « reprogrammer » ces lymphocytes, les rendant plus aptes à faire face aux menaces. Cette capacité à utiliser différents nutriments pourrait constituer un mécanisme de protection biologique, renforçant le système immunitaire en période de stress ou de ressources limitées, comme lors d’une maladie.

Cependant, l’étude soulève également une question importante : les cellules cancéreuses peuvent également utiliser les cétones pour alimenter leur croissance. Evan Lien, Ph.D., de VAI, a récemment démontré ce phénomène. Les chercheurs s’efforcent désormais de comprendre comment garantir que les bénéfices des cétones soient réservés aux cellules T et non aux cellules tumorales. Lien vers l’article original dans Nature Metabolism.

Le Dr. Jones souligne qu’il est essentiel de rester prudent. Bien que l’étude démontre que la réduction de l’apport calorique soutient la fonction des lymphocytes T, elle ne prouve pas que la restriction alimentaire prévient ou traite le cancer. De plus, les patients atteints de cancer rencontrent souvent des difficultés à répondre à leurs besoins nutritionnels en raison de la perte d’appétit ou des nausées liées aux traitements.

« La nutrition n’est jamais une approche unique », a-t-il déclaré. « Notre travail constitue un point de départ important pour développer des régimes alimentaires scientifiquement solides et adaptables que les médecins peuvent adapter aux besoins individuels. »

Russell Jones, Ph.D., président du département de métabolisme et de programmation nutritionnelle de VAI

L’équipe de recherche prévoit d’explorer différentes combinaisons de régimes alimentaires et de périodes de jeûne pour évaluer leur impact sur la fonction immunitaire. À long terme, des essais cliniques sont envisagés pour tester des stratégies nutritionnelles visant à améliorer l’efficacité des immunothérapies contre le cancer. Plus d’informations sur le site de l’Institut Van Andel.

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