L’ancien président américain Donald Trump continue de faire du Groenland une question de sécurité nationale, évoquant la nécessité pour les États-Unis de renforcer leur présence dans l’Arctique face à la Russie et à la Chine. Cette fixation, qui remonte à 2019, a récemment été réaffirmée par l’administration américaine, malgré l’opposition ferme des autorités danoises et groenlandaises.
Le 4 janvier, la Maison Blanche a indiqué que le président Trump et son équipe étudiaient différentes options pour atteindre cet objectif de politique étrangère, n’excluant pas l’utilisation de moyens militaires. Cette déclaration intervient après que Trump ait affirmé que le Groenland était « couvert de navires russes et chinois » et que les États-Unis en avaient besoin pour leur sécurité nationale.
« À l’heure actuelle, le Groenland est couvert de navires russes et chinois partout. Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale », avait déclaré Trump à bord d’Air Force One.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a réagi avec fermeté, qualifiant de « sans aucun sens » l’idée que les États-Unis pourraient chercher à s’emparer du Groenland. « Les États-Unis n’ont le droit d’annexer aucun des trois pays du royaume danois », a-t-elle déclaré, faisant référence également aux îles Féroé. Elle a exhorté les États-Unis à « mettre un terme aux menaces contre un allié historiquement proche et contre un autre pays et un autre peuple qui ont très clairement déclaré qu’ils n’étaient pas à vendre ».
Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a également exprimé son désaccord, soulignant que les relations entre les nations doivent être fondées sur le respect mutuel et le droit international.
L’intérêt stratégique du Groenland pour les États-Unis réside dans sa position géographique, qui en fait un point de passage crucial entre l’Amérique du Nord et l’Europe. L’île abrite également une base militaire américaine et pourrait offrir un avantage en matière d’alerte précoce pour les missiles balistiques. De plus, le Groenland est riche en ressources minérales, notamment en terres rares, essentielles pour les industries de haute technologie.
Bien que Trump évoque une présence russe et chinoise accrue au Groenland, les données de suivi des navires ne confirment pas actuellement cette affirmation. Cependant, la région arctique suscite un intérêt croissant de la part de plusieurs pays, en raison du réchauffement climatique et de l’accès facilité à ses ressources.
La Russie, qui ne s’est jamais positionnée comme une menace dans l’Arctique, a annoncé son intention de renforcer sa présence militaire et de moderniser ses infrastructures dans la région. Le Canada a également publié une politique visant à accroître sa présence militaire et diplomatique dans l’Arctique. La Russie et la Chine collaborent par ailleurs au développement de nouvelles routes maritimes dans l’Arctique, notamment la Route maritime du Nord, qui pourrait réduire considérablement les distances de transport entre l’Asie et l’Europe.
En 2023, une étude a révélé que 25 des 34 minéraux considérés comme « matières premières critiques » par l’Union européenne ont été découverts au Groenland. L’île, bien que riche en ressources, dépend largement de son industrie de la pêche et fait face à l’opposition de sa population autochtone concernant l’exploitation minière et pétrolière.
