Publié le 26 février 2024 10h15. À la veille d’une élection spéciale cruciale dans le Tennessee, Donald Trump a cherché à galvaniser ses partisans, tandis que son équipe conteste des informations sur son rythme de campagne et sa forme physique.
- Donald Trump a pris la parole lors d’un rassemblement républicain au Tennessee pour soutenir le candidat Matt Van Epps.
- L’administration Trump a démenti un article du New York Times suggérant un ralentissement de l’activité du président et une modification de son programme international.
- L’élection spéciale de mardi pour le 7e district du Tennessee est perçue comme un test important pour les Républicains.
Lundi, l’ancien président Donald Trump s’est adressé à une foule de sympathisants républicains à Franklin, dans le Tennessee, via un haut-parleur tenu par le conférencier Mike Johnson. L’objectif était de mobiliser l’électorat en vue de l’élection spéciale de mardi, qui permettra de pourvoir le siège laissé vacant par le républicain Mark Green, parti travailler dans le secteur privé en juin.
Plusieurs sondages indiquent une course serrée entre Aftyn Behn, candidate démocrate de 36 ans, qui a mis en avant son engagement communautaire et ses propositions économiques, et Matt Van Epps, le candidat républicain. La situation est d’autant plus préoccupante pour le parti républicain que le 7e district, traditionnellement acquis à la droite, voit l’ascension de bastions démocrates comme Nashville et Clarksville.
« Nous avons une majorité de trois. Nous devons gagner ce siège. Nous vous proposons les réductions d’impôts les plus importantes de l’histoire. Je veux juste remercier tout le monde. J’aime le Tennessee, l’un de mes endroits préférés de tous les temps. Le Tennessee doit m’aimer parce que nous avons gagné avec la plus grande marge jamais atteinte, donc c’est cool. Elle déteste le christianisme, et deuxièmement, elle déteste la musique country. Comment diable pouvez-vous élire une personne comme celle-là ? Matt Van Epps va être un membre du Congrès fantastique, il va si bien vous représenter. »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
L’intervention de Trump, diffusée par l’intermédiaire de Mike Johnson, a eu l’effet d’un message du Père Noël plutôt que d’une visite en personne, selon certains observateurs. La voix de l’ancien président, bien que percutante, n’avait pas le même impact qu’une présence physique.
Parallèlement, l’administration Trump a réagi avec vigueur à un article du New York Times paru le week-end dernier, qui évoquait des concessions de l’ancien président face aux effets du temps. L’article, basé sur des données et des témoignages, suggérait un programme de voyage intérieur réduit pour la première année d’un éventuel second mandat, comparé à 2017, ainsi qu’un agenda international plus exigeant à partir de 2025.
Karoline Leavitt, la secrétaire de presse de la Maison Blanche, a qualifié ces informations de « totalement fausses », arguant que les données utilisées ne représentaient qu’une fraction du calendrier de Trump et qu’elles suggéraient une aptitude au poste remise en question. Elle a également rappelé un article antérieur du New York Times concernant la forme physique de Joe Biden, soulignant une supposée double norme médiatique.
« C’est totalement faux. Même média, même journaliste, qui a écrit que le président Trump n’est pas fait pour ce poste. Vous vous moquez de moi ? Vous le voyez tous tous les jours. Il est le président le plus accessible de l’histoire. Il participe à des réunions 24 heures sur 24. »
Karoline Leavitt, secrétaire de presse de la Maison Blanche
L’article du New York Times ne remettait pas en question l’aptitude de Trump à exercer ses fonctions, mais soulevait des interrogations sur son rythme de campagne et sa capacité à tenir le coup sur la durée. Cette question de l’âge et de la forme physique est devenue un enjeu majeur dans la campagne présidentielle, après que l’âge de Joe Biden ait été scruté à la loupe.
Katie Rogers, la journaliste du New York Times à l’origine de l’article, a défendu son travail sur CNN lundi soir, expliquant que la Maison Blanche était consciente de l’impact des gros titres et que ceux-ci reprenaient souvent les déclarations des attachés de presse et des médecins de l’époque. Elle a également rappelé que l’équipe de Trump n’avait pas toujours été transparente sur les problèmes de santé de l’ancien président, notamment lors de sa contamination au coronavirus en 2020.
« Ma réponse immédiate est que je pense que la Maison Blanche sait comment fonctionnent les gros titres et que ces titres reprenaient des citations des attachés de presse et également du médecin de la Maison Blanche à l’époque. Ceux-ci ne rédigent pas les propos du président. [Biden’s] santé. Un autre point de fait est que le président Trump et ses médecins n’ont pas toujours été francs sur les problèmes de santé auxquels il a été confronté – par exemple, il était beaucoup plus malade du coronavirus que le public ne le pensait à l’époque en 2020. »
Katie Rogers, journaliste au New York Times
Les collaborateurs de Trump sont soumis à une forte pression pour projeter une image de dynamisme et d’énergie, ce qui reflète les inquiétudes croissantes concernant sa santé. L’infatigabilité de l’ancien président, qui semble ne jamais dormir lors de ses déplacements en avion, est devenue un élément central de son mythe et de sa promesse d’un second mandat énergique.
Trump lui-même compare régulièrement son endurance et ses discours improvisés à la prudence et à la planification rigoureuse des apparitions publiques de Joe Biden, ne manquant pas d’évoquer, souvent de manière acerbe, les capacités intellectuelles de son successeur. L’attention médiatique accrue portée à la santé des candidats est un phénomène nouveau, qui pourrait bien influencer le déroulement de la campagne présidentielle.
L’administration de la Maison Blanche a publié lundi le résumé d’un récent examen médical de Trump, réalisé par son médecin, Sean Barbarella, qui conclut à une « excellente santé cardiovasculaire » et à un fonctionnement normal de tous les organes. Un bilan rassurant, mais qui ne dissipe pas les inquiétudes concernant la capacité de Trump à supporter les exigences d’une campagne électorale intense et d’un second mandat à la Maison Blanche.
Les résultats de l’élection spéciale dans le 7e district du Tennessee, attendus ce mardi soir, seront scrutés de près. Aftyn Behn, la candidate démocrate, a déclaré que le rassemblement républicain de la semaine dernière témoignait du désespoir de ses adversaires.
« Peu importe pour qui vous avez voté, peu importe à quel parti politique vous appartenez, mais si vous êtes contrarié par le coût de la vie et le chaos à Washington, alors je suis votre candidat. Je pense que cela signifie qu’ils sont désespérés et submergés par l’assaut des publicités d’attaque contre moi. La seule raison pour laquelle ils mettent tout en œuvre, c’est qu’ils n’ont pas de plan pour s’attaquer au problème des soins de santé et à la crise de l’accessibilité financière. »
Aftyn Behn, candidate démocrate au 7e district du Tennessee
Donald Trump a passé l’après-midi de lundi à s’adresser aux invités de la « première fête de Noël de la Maison Blanche », apparaissant dynamisé et confiant dans un cadre opulent, devant un pupitre orné d’un aigle doré aux ailes déployées.
« C’est un grand honneur d’être votre président. Nous allons faire un travail fantastique. Vous savez, il nous reste un peu plus de trois ans. Et trois ans pour Trump, c’est une éternité. »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
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