Home SantéLa survie après un cancer de l’ovaire avancé s’améliore grâce à la planification des risques avant la chirurgie et la chimiothérapie

La survie après un cancer de l’ovaire avancé s’améliore grâce à la planification des risques avant la chirurgie et la chimiothérapie

by Sophie Martin

Publié le 22 décembre 2025 à 09h54. Une étude internationale majeure révèle que la planification chirurgicale et l’adaptation du traitement en fonction des risques individuels améliorent significativement la survie des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire avancé.

  • L’étude SUROVA démontre que les complications chirurgicales ne sont pas inévitables et peuvent être anticipées.
  • Une chimiothérapie préalable (néoadjuvante) est plus bénéfique pour les patientes présentant un risque élevé de complications chirurgicales.
  • La survie est optimisée lorsque la chirurgie permet une résection complète de la tumeur sans complications postopératoires.

Une nouvelle approche thérapeutique, axée sur la personnalisation du traitement et l’évaluation préopératoire des risques, pourrait transformer la prise en charge du cancer de l’ovaire avancé. L’étude internationale SUROVA, menée par le Cancer Center Clínica Universidad de Navarra (CCUN), met en lumière l’importance de ne pas considérer les complications chirurgicales comme des événements imprévisibles, mais comme un facteur à anticiper et à intégrer dans la stratégie thérapeutique.

Les résultats, publiés dans la revue scientifique International Journal of Gynecological Cancer, soulignent que les patientes présentant un risque élevé d’événements indésirables tirent davantage profit d’une chimiothérapie néoadjuvante initiale, reportant l’intervention chirurgicale à un moment ultérieur, dans des conditions plus favorables. Ainsi, la décision thérapeutique ne doit pas se baser uniquement sur l’étendue de la maladie, mais sur la capacité réelle à réaliser une résection complète tout en minimisant les risques pour la patiente.

« Nous avons prouvé que la chirurgie reste le traitement ayant le plus grand impact sur la survie en cas de cancer de l’ovaire avancé, mais seulement lorsqu’une résection complète sans complications est obtenue. Tous les patients ne bénéficient pas de la même approche, et la clé est de sélectionner soigneusement qui opérer et à quel moment. »

Dr Luis Chiva, directeur de gynécologie et d’obstétrique de la Clínica Universidad de Navarra

Pendant des années, le traitement standard du cancer de l’ovaire a consisté en une intervention chirurgicale, la chimiothérapie n’étant envisagée qu’en l’absence d’alternative. L’étude SUROVA met en évidence la nécessité d’une évaluation préopératoire minutieuse, prenant en compte l’étendue de la maladie, l’état général de la patiente et la complexité chirurgicale attendue, afin d’identifier les femmes à haut risque.

« Lorsque nous prévoyons qu’une patiente présente un risque élevé de complications, la chimiothérapie néoadjuvante n’est pas une option de second choix, mais une stratégie intelligente, explique le Dr Chiva. Cela permet de réduire la charge tumorale, d’améliorer les conditions chirurgicales et d’augmenter les chances de réaliser ultérieurement une intervention chirurgicale complète et sûre. »

Les auteurs de l’étude soulignent l’impact pronostique des complications chirurgicales. Les événements indésirables, même légers, et les problèmes postopératoires plus graves sont associés à une réduction significative de la survie à long terme, en particulier chez les patientes subissant une chirurgie cytoréductrice primaire. À l’inverse, les meilleurs taux de survie ont été observés chez les femmes chez lesquelles une résection complète a été réalisée sans incident postopératoire.

PERSONNALISATION ET DONNÉES RÉELLES

L’étude SUROVA, l’une des analyses les plus robustes à ce jour dans ce domaine, a inclus plus de 3 200 patientes traitées entre 2018 et 2019 dans 174 hôpitaux et centres de santé répartis dans 55 pays. Grâce à des techniques avancées d’analyse statistique, les chercheurs ont pu comparer les résultats des deux stratégies thérapeutiques – la chirurgie cytoréductrice primaire suivie d’une chimiothérapie et la chimiothérapie néoadjuvante suivie d’une chirurgie intervallée – dans le cadre de la pratique clinique courante.

Cette étude renforce l’importance de personnaliser le traitement du cancer de l’ovaire et souligne la nécessité que ces décisions soient prises dans des centres spécialisés, au sein d’équipes multidisciplinaires et avec une planification chirurgicale adéquate. Les chercheurs envisagent également le développement d’un calculateur de risque clinique pour aider à la prise de décision.

« Les études cliniques réelles fournissent des informations très précieuses pour le développement d’hypothèses de travail et de nouvelles pistes de recherche. »

Dr Antonio González, directeur du CCUN et spécialiste du cancer gynécologique

Les résultats de SUROVA pourraient ainsi contribuer à l’élaboration de futures recommandations cliniques et à compléter les essais cliniques randomisés pour améliorer la prise en charge de ce cancer.

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