Publié le 26 novembre 2025 15h14. La Cour suprême indienne a exprimé son inquiétude face à une tendance croissante de contestation des décisions judiciaires, avertissant que cette pratique pourrait compromettre la finalité des jugements et l’autorité de la justice.
- La Cour suprême critique une multiplication des demandes visant à annuler des jugements antérieurs.
- Elle met en garde contre le risque de déstabilisation de la cohérence juridique et de l’autorité de ses propres décisions.
- Cette prise de position intervient dans le cadre d’une affaire concernant des conditions de libération sous caution contestées.
La plus haute instance judiciaire indienne s’est élevée contre ce qu’elle considère comme une “chasse aux juges”, dénonçant une tendance à solliciter des juridictions successives pour revenir sur des décisions déjà rendues. Les magistrats ont souligné que l’article 141 de la Constitution, qui confère un caractère définitif aux jugements de la Cour suprême, serait vidé de sa substance si chaque décision pouvait être remise en question à l’infini.
Cette critique a été formulée alors que la Cour examinait une requête déposée par un accusé de meurtre cherchant à modifier ses conditions de libération sous caution. Initialement fixé par le juge Abhay S. Oka, ce régime restrictif avait été confirmé en première instance. L’accusé a ensuite déposé une nouvelle demande devant une formation différente, présidée par le juge Dipankar Datta, après le départ à la retraite du juge Oka. La Cour a interprété cette démarche comme une tentative de contourner les décisions antérieures et a fermement désapprouvé cette stratégie.
Dans sa décision, rédigée par le juge Datta, la Cour a rappelé que
« Annuler un verdict antérieur par un verdict ultérieur ne signifie pas nécessairement que la justice est mieux servie. »
Juge Dipankar Datta
Elle a insisté sur le fait que modifier les conditions de libération sous caution reviendrait à saper le principe de la finalité des décisions judiciaires, un pilier de l’État de droit.
La Cour a également mis en avant l’importance de la cohérence de l’interprétation juridique, soulignant que
« Une question qui est res integra ne peut pas être rouverte ou réexaminée, sinon la cohérence de l’interprétation juridique pourrait être compromise et l’autorité spéciale qui est investie dans les décisions de cette Cour, en vertu de l’article 141, serait perdue. »
Juges Dipankar Datta et Augustine George Masih
Cette prise de position intervient après que plusieurs jugements récents aient été réexaminés, notamment ceux concernant l’affaire Vanashakti (relative aux autorisations environnementales post-facto), l’interdiction des pétards à Delhi, le rôle des gouverneurs dans l’approbation des lois et la résolution de l’insolvabilité de Bhushan Steel.
La Cour a finalement rejeté la demande de l’accusé, estimant qu’il n’existait aucun motif valable de modifier les conditions de sa libération sous caution. L’affaire est référencée sous le numéro SK. MARYLAND. ANISUR RAHAMAN CONTRE. L’ÉTAT DU BENGALE OUEST ET DE L’ANR., citation : 2025 LiveLaw (SC) 1146. Jugement complet disponible en PDF.
Avocats : M. Vikas Singh, Sr. Adv., M. Amarjit Singh Bedi, AOR, M. Varun Chandiok, Adv., M. Mukesh Kumar Singh, Adv., Mme Riya Seth, Adv., Mme Deepeika Kalia, Adv., Mme Vashuda Singh, Adv., M. Sudeep Chandra, Adv., Mme Kushi, Adv. pour les requérants ; M. Shadan Farasat, Sr. Adv., M. Kunal Mimani, AOR, Mme Shraddha Chirania, Adv., MPS Patwalia, Sr. Adv., M. Soumya Nag, Adv. pour les défendeurs.
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