Home AffairesL’agent de bord de Ryanair a utilisé de prétendus documents juridiques générés par l’IA dans une réclamation pour discrimination de 170 000 €, selon le WRC – The Irish Times

L’agent de bord de Ryanair a utilisé de prétendus documents juridiques générés par l’IA dans une réclamation pour discrimination de 170 000 €, selon le WRC – The Irish Times

by Amélie Bernard

Publié le 15 octobre 2024 à 16h06. Un agent de bord de Ryanair a vu sa plainte pour discrimination rejetée par la Commission des relations sur le lieu de travail (WRC) après que des documents juridiques contenant des références fallacieuses, potentiellement générées par intelligence artificielle, ont été découverts.

  • La plainte de 170 000 € déposée par un agent de bord de Ryanair a été jugée un « abus de procédure » par la WRC.
  • Des références juridiques inexactes et inexistantes ont été identifiées dans les documents soumis par le plaignant.
  • L’utilisation potentielle de l’intelligence artificielle pour la rédaction de ces documents a été soulevée par l’équipe juridique de Ryanair.

La Commission des relations sur le lieu de travail (WRC) a rejeté la plainte pour discrimination déposée par Fernando Oliveira, un agent de bord portugais de Ryanair, contre sa compagnie aérienne. M. Oliveira réclamait 170 000 € d’indemnisation, alléguant une discrimination fondée sur la race et la situation familiale, en violation de la loi sur l’égalité en matière d’emploi de 1998.

Ryanair n’avait pas procédé au licenciement de M. Oliveira, mais lui avait infligé un dernier avertissement écrit et une suspension payée suite à une enquête sur plusieurs plaintes déposées par d’autres membres d’équipage. L’agent de bord affirmait avoir été faussement accusé par son superviseur de consommation d’alcool au travail, de propos racistes et de menaces envers un collègue, à partir de fin 2023. Il évoquait également une « campagne orchestrée » de « faux rapports » émanant des collègues de son superviseur, allant jusqu’à des vœux de mort à son égard, ce qui avait conduit à la suspension payée et à l’avertissement.

L’équipe juridique de Ryanair a souligné que M. Oliveira avait persisté dans ses contestations après le rejet de son appel interne concernant la sanction disciplinaire. La compagnie a argumenté que la demande d’égalité constituait un « abus de procédure » et devait donc être rejetée sans audience complète. Roland Rowan, représentant Ryanair avec l’avocat Killian O’Reilly de Fieldfisher Ireland, a déclaré lors d’une audience préliminaire en mars qu’il suspectait que les documents juridiques de M. Oliveira « avaient pu être générés avec l’aide de l’intelligence artificielle ».

M. Rowan a précisé que sept citations invoquées par le demandeur dans ses documents « ne semblaient pas correspondre aux résultats » attendus. Il a notamment cité une décision du Tribunal pour l’égalité de 2016, où M. Oliveira avait affirmé qu’une indemnité de 15 000 € avait été accordée pour violation de la législation sur l’égalité, alors que l’affaire avait en réalité été « rejetée pour défaut de compétence ». L’avocat a également relevé que M. Oliveira avait inclus dans ses documents ce qui semblait être deux numéros de référence d’arbitrage de la WRC, mais qui s’avéraient être des « décisions fantômes ».

M. Oliveira a qualifié l’insinuation selon laquelle il aurait utilisé l’IA pour préparer ses documents juridiques d’« attaque sans fondement, non professionnelle et ad hominem destinée à détourner l’attention du fond de l’affaire ». Cependant, l’arbitre Patricia Owens a noté que M. Oliveira avait « reconnu avoir peut-être utilisé l’IA » lors d’une reprise d’audience et qu’il s’était montré « sur la défensive » à ce sujet.

Dans sa décision, Mme Owens a écrit que M. Oliveira avait « perdu un temps considérable » avec des arguments « truffés de citations non pertinentes, mal citées et, dans de nombreux cas, inexistantes ». Elle a précisé qu’elle n’était « pas particulièrement préoccupée » par l’utilisation ou non de l’IA par M. Oliveira, mais que les parties à la WRC étaient tenues de présenter des observations « pertinentes et précises » qui « ne visent pas à induire en erreur ».

« Les tentatives du plaignant de présenter de nouvelles allégations et réclamations tardivement et de s’appuyer sur des citations fantômes pour étayer ses affirmations ne peuvent être décrites que comme flagrantes et constituant un abus de procédure », a conclu l’arbitre. La plainte a été rejetée, M. Oliveira n’ayant pas établi de discrimination ni présenté de « preuves convaincantes » pour étayer ses allégations de victimisation, de harcèlement ou de harcèlement sexuel.

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