Home SantéL’Alliance est prête à aller à fond dans sa stratégie législative si la règle de la CMS échoue

L’Alliance est prête à aller à fond dans sa stratégie législative si la règle de la CMS échoue

by Sophie Martin

L’avenir des soins à domicile aux États-Unis est suspendu aux prochaines décisions de Medicare, alors que les acteurs du secteur se préparent à une éventuelle bataille législative pour préserver les financements. L’Alliance nationale pour les soins à domicile (National Association for Home Care & Hospice, NAHC) se dit prête à mobiliser un plan d’urgence si les nouvelles règles de remboursement s’avèrent défavorables.

Scott Levy, directeur des affaires gouvernementales de la NAHC, souligne que l’organisation ne se concentrera pas uniquement sur le taux de remboursement final. L’analyse des méthodologies et des modalités de mise en œuvre par les Centers for Medicare & Medicaid Services (CMS) sera également cruciale. Toutefois, si la règle finale prévoit une réduction significative des tarifs, l’Alliance est prête à relancer le projet de loi de 2025 sur la stabilisation des soins à domicile.

« Depuis le 30 juin, nous fonctionnons en mode crise, en nous efforçant de produire la lettre de commentaires la plus complète possible », explique M. Levy. « Mais en fin de compte, lorsque vous soumettez des propositions politiques au CMS, la décision leur appartient. » Il se montre néanmoins optimiste, estimant que les efforts de sensibilisation menés auprès du CMS devraient éviter une baisse de 9 % des remboursements.

L’Alliance espère obtenir des améliorations substantielles, mais reconnaît que la règle proposée représente déjà une menace importante pour le secteur. Une réduction de 1 milliard de dollars (environ 927 millions d’euros) à 500 millions de dollars (environ 463 millions d’euros) aurait un impact considérable, même si le CMS avait déjà pris des mesures pour atténuer les baisses de financement par le passé.

En cas de règle finale défavorable, l’Alliance compte sur le soutien du Congrès pour faire adopter la loi sur la stabilisation des soins à domicile, présentée par les députés Hern et Sewell. « Si la voie législative s’impose, nous serons prêts », assure M. Levy.

Contrairement aux tentatives précédentes, le projet de loi actuel bénéficie d’un contexte législatif plus favorable. « La paralysie politique n’a pas aidé à faire progresser les projets de loi antérieurs », explique M. Levy. « Nous avons continué à avoir des discussions constructives avec les membres du Congrès et leur personnel sur l’importance de cette question. »

L’Alliance met également l’accent sur la situation particulière du secteur, qui subit des réductions de financement depuis trois ans. « Nous en sommes à la quatrième année de ces baisses », souligne M. Levy. « C’est une différence significative par rapport aux années précédentes. »

Au-delà de la règle finale, l’Alliance s’inquiète également de la complexité des réglementations en vigueur. L’organisation plaide pour une déréglementation visant à alléger la charge administrative des prestataires, en particulier en ce qui concerne la règle des 80/20, qui impose des contraintes importantes en matière de documentation et de facturation.

« La règle des 80/20 est en tête de liste », confirme M. Levy. « Nous avons soumis au CMS une liste de réglementations qui entravent la prestation de soins et qui ne sont pas directement liées à la qualité des soins prodigués. »

Pour l’Alliance, l’année 2025 marque un tournant pour l’industrie des soins à domicile. L’organisation s’est affirmée comme la principale voix du secteur et a abordé des questions cruciales telles que la réconciliation budgétaire, la protection des prestations de soins palliatifs et la nécessité de préserver un système de soins à domicile dynamique. Les décisions prises d’ici la fin de l’année détermineront l’avenir du secteur en 2026.

« Si vous n’avez pas un système de santé à domicile dynamique, je ne sais pas comment fonctionne réellement l’hôpital à domicile », conclut M. Levy. « Je ne sais pas comment réduire les soins en établissement si vous n’avez pas de personnel à domicile pour s’occuper des gens. »

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