Washington – Les États-Unis ont mis de côté 50 milliards de dollars (environ 46 milliards d’euros) pour revitaliser les soins de santé dans les zones rurales, et les acteurs des soins à domicile plaident pour que ce programme priorise les services dispensés directement au domicile des patients.
Dans une lettre adressée la semaine dernière au Dr Mehmet Oz, administrateur des Centers for Medicare and Medicaid Services (CMS), l’Alliance nationale pour les soins à domicile (National Alliance for Home Care) a insisté sur le rôle crucial des soins à domicile dans l’accès aux soins et leur pérennité en milieu rural. L’Alliance estime que les investissements dans ce secteur doivent être une priorité du programme de transformation de la santé rurale (Rural Health Transformation Program – RHTP).
« Les agences fournissant des services à domicile sont des partenaires indispensables pour prendre soin des populations rurales », a déclaré le Dr Steven Landers, PDG de l’Alliance. « Pour de nombreuses personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques ou graves, ces prestataires représentent souvent la seule source de soins cliniques et de soutien régulier à leur domicile. Face à la fermeture ou à la réduction des services dans les hôpitaux et les cliniques, les soins à domicile comblent des lacunes essentielles, permettant des retours à domicile en toute sécurité, réduisant les réadmissions inutiles, gérant les maladies chroniques et assurant des soins de fin de vie dignes et empreints de compassion. »
Le RHTP, qui s’inscrit dans le cadre d’une loi plus large, vise à améliorer les résultats en matière de santé et l’accès aux soins dans les communautés rurales. L’Alliance souligne que les prestataires de soins à domicile sont particulièrement bien placés pour surmonter les obstacles liés au transport, garantir la continuité des soins et alléger la pression sur les hôpitaux et les services d’urgence.
Cependant, malgré leur importance, les prestataires de soins à domicile opérant en milieu rural sont confrontés à des difficultés financières croissantes. « De nombreuses agences rurales sont fragilisées par la baisse des remboursements de Medicare, les défis persistants liés aux taux de paiement de Medicaid, les pénuries de personnel et l’augmentation des exigences administratives », a expliqué M. Landers. « Le RHTP offre une occasion unique de stabiliser et de développer la capacité des soins à domicile, afin de garantir aux habitants des zones rurales un accès à des services de qualité, efficaces et adaptés à leurs besoins. »
L’Alliance a formulé plusieurs recommandations à la CMS, notamment en demandant que le financement inclue les agences de soins à domicile, le personnel de soutien, les infrastructures technologiques et les solutions de télésanté.
D’autres acteurs du secteur des soins à domicile ont également souligné la nécessité de leur participation à cette initiative. David Totaro, président et directeur général de Hearts for Home Care, une organisation de défense des intérêts de Bayada, a déclaré : « Alors que les législateurs se préparent à allouer les fonds du programme de santé rurale, il est impératif que les soins à domicile soient une priorité – en particulier dans les communautés rurales où de nombreux hôpitaux et maisons de retraite ferment faute de soutien. »
David Kerns, PDG de LTM Group, a quant à lui souligné le potentiel de partenariats innovants. « Ce qui est particulièrement intéressant, c’est la possibilité pour les agences de soins à domicile de s’associer à des établissements de santé et à des associations régionales pour créer de nouveaux modèles de paiement », a-t-il précisé. « On pourrait ainsi concevoir une solution combinée où l’hôpital et l’agence de soins à domicile associent les visites à domicile à la gestion des maladies chroniques, aux soins virtuels et à l’orientation des patients, éliminant ainsi les obstacles traditionnels rencontrés dans les hôpitaux ruraux. »
L’Alliance considère ce programme comme une opportunité de repenser l’organisation des systèmes de santé ruraux et d’étendre leur portée au-delà des hôpitaux. « Renforcer l’accès aux services à domicile permettra de réduire les hospitalisations inutiles, d’améliorer les résultats pour les patients atteints de maladies chroniques ou graves et de soutenir les aidants familiaux, tout en maintenant les ressources financières au sein des communautés rurales », a conclu M. Landers. « Les données le confirment : les soins à domicile réduisent les coûts et améliorent la qualité, ce qui en fait un élément essentiel d’une transformation durable de la santé rurale. »
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