Home SantéL’analyse unicellulaire révèle l’hétérogénéité des kératinocytes induite par le VPH dans le cancer du col de l’utérus

L’analyse unicellulaire révèle l’hétérogénéité des kératinocytes induite par le VPH dans le cancer du col de l’utérus

by Sophie Martin

Publié le 20 octobre 2025. Une équipe de chercheurs chinois a identifié une population spécifique de cellules cancéreuses du col de l’utérus, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques plus ciblées contre ce cancer, le plus fréquent touchant les femmes à travers le monde.

  • Une nouvelle sous-population de kératinocytes, les cellules PI3⁺S100A7⁺, est fortement associée à l’infection par le virus du papillome humain (VPH) et à une moins bonne survie des patientes.
  • Des interactions clés entre ces cellules cancéreuses et les macrophages immunitaires favorisent la progression tumorale.
  • L’étude révèle également des différences significatives entre les populations de fibroblastes présents dans les tissus tumoraux et non tumoraux.

Le carcinome épidermoïde du col de l’utérus (CESC), la forme la plus courante de cancer du col de l’utérus, représente un défi majeur de santé publique, en particulier en raison de la persistance de l’infection par des souches à haut risque du VPH et de facteurs de susceptibilité génétique. Des chercheurs de l’hôpital affilié aux tumeurs de l’université médicale du Xinjiang ont entrepris d’explorer en profondeur les mécanismes moléculaires à l’œuvre dans les premiers stades de cette maladie.

Pour ce faire, l’équipe dirigée par le professeur Ruozheng Wang, avec la participation de M. Peiwen Fan, M. Danning Dong, du Dr Yanning Feng et du Dr Xiaonan Zhu, a utilisé des techniques de pointe telles que le séquençage de l’ARN unicellulaire (scRNA-seq) et l’immunohistochimie multiplexe (mIHC). Ces outils ont permis de cartographier avec précision le paysage moléculaire du CESC à un stade précoce, révélant une hétérogénéité importante au sein des kératinocytes induite par le VPH et un remodelage significatif du microenvironnement tumoral (TME).

L’analyse scRNA-seq a mis en évidence une population distincte de kératinocytes, caractérisée par l’expression élevée des protéines PI3 et S100A7 (PI3⁺S100A7⁺). Ces cellules sont particulièrement abondantes dans les tumeurs et étroitement liées à la présence du VPH. Une analyse pronostique basée sur les données du TCGA (The Cancer Genome Atlas) a confirmé que l’accumulation de ces cellules est corrélée à un pronostic moins favorable pour les patientes atteintes de CESC.

Les chercheurs ont également observé que les kératinocytes PI3⁺S100A7⁺ se situent à proximité des macrophages CD163⁺ au sein des tumeurs. Ces interactions activent des voies oncogènes essentielles, notamment NF-κB, la signalisation du TNF et les interactions cytokine-récepteur, stimulant ainsi la prolifération, la différenciation et potentiellement la métastase des cellules cancéreuses. Les patientes présentant une infiltration élevée des deux types de cellules affichent une survie globale significativement réduite.

L’étude a également permis de caractériser les fibroblastes présents dans le microenvironnement tumoral. Quatre populations distinctes ont été identifiées, dont les fibroblastes associés au cancer (CAF, sous-type C1), qui présentent une forte activation des voies inflammatoires et sont prédominants dans les tissus tumoraux, et les fibroblastes indifférenciés (sous-type C3), plus abondants dans les tissus sains adjacents.

« Nous avons identifié PI3 et S100A7 comme étant significativement surexprimés dans les échantillons de carcinome épidermoïde du col de l’utérus positifs au VPH par rapport aux témoins non tumoraux, comme l’ont validé les données TCGA. Grâce à l’immunohistochimie, nous avons en outre confirmé la colocalisation de S100A7 et PI3 au sein des kératinocytes, définissant une sous-population distincte de cellules PI3+S100A7+. »

Professeur Ruozheng Wang

Le professeur Wang a également souligné l’importance des interactions entre les kératinocytes et les cellules immunitaires dans la formation de l’environnement tumoral :

« Les macrophages étaient enrichis dans les tissus tumoraux et présentaient une forte diaphonie avec les kératinocytes, médiée par le TNF, CCL2, CXCL8 et IL10. »

Professeur Ruozheng Wang

En conclusion, cette recherche met en lumière la manière dont l’infection par le VPH induit une reprogrammation transcriptionnelle des kératinocytes, créant un microenvironnement tumoral favorable à la persistance virale et à la transformation maligne. Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques ciblant spécifiquement ces populations cellulaires et leurs interactions, potentiellement en utilisant des inhibiteurs de voies spécifiques ou des agents immunomodulateurs. L’étude, publiée dans le Journal médical chinois le 20 octobre 2025, représente une avancée significative vers une médecine de précision plus efficace dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus.

Source:

Référence du journal :

Fan, P., et coll. (2025). L’analyse unicellulaire identifie PI3+S100A7+kératinocytes dans le carcinome épidermoïde cervical précoce avec infection par le VPH. Journal médical chinois. est ce que je: 10.1097/cm9.0000000000003795. https://journals.lww.com/cmj/fulltext/2025/10200/single_cell_analysis_identifies.8.aspx

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