Home NouvellesL’ancien météorologue Hiemstra donne une conférence de presse : “La crise la plus importante est ignorée”

L’ancien météorologue Hiemstra donne une conférence de presse : “La crise la plus importante est ignorée”

by Nicolas Lefèvre

Publié le 21 octobre 2025 11h00. Des scientifiques lancent un appel urgent à l’action face à la crise climatique, qu’ils jugent sous-estimée et aux conséquences désastreuses pour la santé, la sécurité et l’économie mondiale. Une conférence de presse exceptionnelle doit mettre en lumière l’état critique de la planète.

  • La crise climatique est présentée comme la plus grande crise sanitaire de notre époque, liée à des problèmes de santé, de sécurité alimentaire et de stabilité économique.
  • Des experts soulignent que les effets du changement climatique sont souvent invisibles à court terme, mais qu’ils conduisent à un déséquilibre profond des systèmes terrestres.
  • Un changement massif de comportement individuel et des politiques publiques ambitieuses sont jugés indispensables pour inverser la tendance et assurer un avenir viable.

Des scientifiques de diverses disciplines se sont réunis ce lundi 21 octobre 2025 pour alerter sur la gravité de la crise climatique, sous la devise « La terre demande votre vote ». Ils dénoncent une sous-estimation généralisée des risques et des conséquences de cette crise, qui selon eux, menace la santé publique, la sécurité alimentaire, la sécurité nationale et la stabilité économique.

Selon le docteur Patrick Deckers, président de Caring Doctors, « l’état de la Terre constitue la plus grande crise sanitaire de notre époque ». Il explique :

« Le réchauffement climatique, la pollution de l’eau, la mauvaise qualité de l’air, notre alimentation et notre mode de vie sont tous liés. Il ne peut pas y avoir de personnes en bonne santé sur une planète en mauvaise santé. »

Patrick Deckers, président de Caring Doctors

Gerrit Hiemstra, ancien météorologue, met en garde contre une vision trop simpliste du changement climatique, qui se résume souvent à une augmentation des températures ou à des épisodes de chaleur plus fréquents. Il insiste sur le fait que le problème est plus profond : des systèmes entiers sont en train de se déséquilibrer. « Nous rendons lentement la Terre invivable », affirme-t-il. « Si la glace du pôle Nord continue de fondre et si les grands courants océaniques sont perturbés, le temps changera dans le monde entier, y compris ici aux Pays-Bas. Nous perdrons alors littéralement le contrôle de notre climat. Et il sera alors trop tard pour y remédier. »

Le docteur Deckers souligne également la nature insidieuse de la crise.

« On ne s’en rend vraiment compte que lorsqu’il est trop tard. Les inondations ou les vagues de chaleur sont perceptibles, mais l’acidification des océans, le réchauffement climatique et la perte de biodiversité se produisent lentement. Cela rend l’urgence moins urgente, tandis que le système devient de plus en plus déséquilibré. »

Patrick Deckers, président de Caring Doctors

Les experts plaident pour un changement radical de comportement à tous les niveaux. « Vous pouvez faire la différence demain en conduisant plus consciemment, en mangeant moins de viande et en prenant moins l’avion », insistent-ils. Ils soulignent que la prise de conscience est essentielle pour initier ce changement. « Nous nous enfouissons souvent la tête dans le sable et pensons que nous ne pouvons rien changer. Mais si tout le monde continue de penser ainsi, rien ne changera. »

Gerrit Hiemstra rappelle que la crise du coronavirus a démontré la capacité de la société à modifier rapidement ses habitudes. « Lorsque le coronavirus a éclaté, nous avons soudainement tous pu voler et conduire moins. Nous avons immédiatement vu ce que cela a fait sur la qualité de l’air. Cela prouve que le changement est possible, mais nous devons vraiment le vouloir et en ressentir l’urgence. »

Les intervenants insistent également sur le rôle crucial de la politique. Selon Gerrit Hiemstra, des règles et des lois claires en matière d’énergie, de transports et d’alimentation sont indispensables pour encourager une transition vers un mode de vie plus durable. Il évoque des mesures passées, comme l’interdiction de fumer ou les restrictions à la circulation automobile le dimanche, prises en réponse à des crises, comme exemple de ce qui peut être accompli.

Cependant, des signaux encourageants existent. Selon un rapport du groupe de réflexion international sur l’énergie Ember, au premier semestre 2025, plus d’électricité a été produite dans le monde à partir du soleil et de l’éolien qu’à partir du charbon. La Chine et l’Inde contribuent particulièrement à cette croissance, avec une augmentation de 31 % de la production d’énergie solaire par rapport à l’année précédente et une hausse de 7 % pour l’énergie éolienne. « Cela pourrait être un tournant crucial », estime Hiemstra. « Cela montre que le changement est possible si nous investissons dans les énergies propres, mais nous en sommes encore loin. »

Pour Gerrit Hiemstra et Patrick Deckers, la crise climatique est avant tout une question de responsabilité envers les générations futures. « Chaque choix que nous faisons aujourd’hui détermine ce que deviendra le monde demain », conclut Hiemstra. « Si nous continuons à détourner le regard ou à nous accrocher à de vieilles habitudes, nous donnerons à nos enfants un monde plein de vagues de chaleur, d’inondations et de pénuries alimentaires. Mais si nous changeons notre comportement maintenant et forçons les politiciens à faire de vrais choix, nous pouvons encore restaurer la terre et garantir un avenir vivable. »

La conférence de presse peut être suivie en direct à partir de 11h00 ici. Outre Gerrit Hiemstra et Patrick Deckers, Jan Rotmans et Leon Simons participeront également à cet événement.

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